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Les Sodomites

Par Spyros Marchetos

 

L’idée de la « théoxenia » (de ‘theos’ : dieu et ‘xenos’ : étranger, hôte), c’est-à-dire, l’idée selon laquelle l’étranger peut être un dieu déguisé et, par conséquent, doit être traité avec respect, générosité et politesse, était très largement acceptée dans l’Antiquité classique et fut, dès le tout début, intégrée à la morale chrétienne. Son illustration la plus poignante est fournie dans l’histoire de la naissance, dans la crèche, de Jésus refugié ou, plutôt, immigré clandestin -selon la terminologie macabre actuelle.

Dans la Bible, le mauvais traitement de l’étranger est un pêché mortel. Ainsi, dans la Genèse, deux anges se présentent comme des étrangers aux portes de Sodome. Loth, qui n’est pas originaire du pays, leur offre le gîte. Mais, ses concitoyens ont en tête de les violer. Résultat : une pluie de feu et de soufre s’abat sur la ville et la détruit. L’accent mis sur les aspects sexuels de l’histoire est beaucoup plus récent et y fut joint dans le contexte, surtout, de la culture misogyne à l’extrême que le capitalisme développa à partir de 1500.

La morale du texte, du point de vue sexuel, est, pour le moins, confuse. Selon la ‘Septante’ (la traduction grecque de l’Ancien testament), afin de sauver les étrangers, Loth offre ses filles vierges à la foule des hommes amassés “καὶ χρᾶσθε αὐταῖς, καθὰ ἂν ἀρέσκῃ ὑμῖν” ([pour] que vous vous en serviez comme il vous plaît). Les femmes des sodomites brûlent vives bien qu’elles ne participent pas à l’agression contre les anges-migrants-clandestins, tandis que les filles de Loth coucheront avec leur père sans attirer les foudres du Tout-puissant. Bien au contraire, elles sont récompensées par une progéniture abondante. Du point de vue sexuel, Loth et sa famille sont loin d’être parfaits -considérés selon les critères de leur époque ou de la nôtre- ce qui ne les empêchent pas de négocier avec les anges et de jouir des faveurs divines.

Ainsi que nous l’explique John Boswell, éminent historien, dans leur écrasante majorité, les relations et citations anciennes et médiévales du « pêché de Sodome » n’établissaient pas de lien entre celui-ci et méconduites sexuelles traditionnelles des sodomites qui, pour être pratiquées depuis bien longtemps, n’avaient toutefois pas attisé la fureur du Seigneur. En revanche, elles considéraient que la cause de la sanction était l’infraction au devoir sacré de l’hospitalité. Dans ses commentaires étendus de cet extrait de la Genèse, Nahmanidis, célèbre érudit, préfigurait l’avis des chercheurs contemporains en soutenant que le fameux sodomisme portait clairement et incontestablement sur l’inhospitalité et non pas sur la sexualité :

Leur but [des habitants de Sodome] étaient d’empêcher les gens qui venaient de vivre parmi eux […] parce qu’ils pensaient que très nombreux étaient ceux qui voulaient s’établir sur leur terre, qui était exceptionnelle et ressemblait au Paradis, et méprisaient l’aumône […] Selon nos rabbins, ils s’adonnaient à tout type de vilénie. Mais, leur destin fut marqué par ce pêché précis.

Ce pêché collectif ou, plutôt, quelque chose de bien pire : non pas simplement l’inhospitalité cruelle mais la persécution -impensable jusqu’il y a peu- impitoyable et systématique des malheureux, nous est dorénavant regrettablement familière. Elle est notre nouveau quotidien. Elle est, de nos jours, une loi de l’Union européenne, un état de fait aux frontières grecques, un plaisir pervers de la droite la plus noire qui, dorénavant, est trop souvent vêtue en rose. L’on peut se demander si, lorsque la pyramide inversée de la dette qui plane au-dessus de nos têtes s’écroulera, établira-t-on un lien entre l’écroulement de l’Occident et la brutalité européenne à l’encontre des refugiés ?

Le peuple grec ne rappelle pas les sodomites qui furent foudroyés par le vengeur biblique. En offrant le peu dont il dispose aux masses humaines que le capitalisme déracine, en mettant en place des réseaux de solidarité aux persécutés et en les aidant à échapper aux griffes des Es-Es de la Frontex, nous échappons, nous aussi, comme le fit Loth, à la punition des pêcheurs. La collectivité, la solidarité, l’initiative personnelle qui se cristallisent ainsi éloignent l’hystérie, la dépression et l’absence de sens qui s’abattent sur le néolibéral individualiste possessif. Les sodomites contemporains ne sont pas punis du feu tombant des cieux mais de toutes les maladies, physiques et psychiques, qui tourmentent les esclaves du capitalisme tardif.

Alors que la mobilisation a une action psychothérapeutique, ses effets pratiques sont encore plus tangibles. Encouragement et organisation sont deux faces de la même médaille qui, ensemble, nous permettent de résister aux épreuves mémorandaires et, enfin, de renverser le capitalisme de la destruction. C’est précisément autour de ces réseaux de soutien, où participent également beaucoup de gens sans référence politique ou de toute nuance politique, que de nouvelles collectivités de classe vivantes peuvent être créées. Ce sont de tels réseaux ouverts, hospitaliers, radicaux et créés ‘d’en bas’ mais aussi en collaboration avec Antarsya et d’autres organisations anticapitalistes et anarchistes, et contre le SEV (union des industriels de Grèce), Syriza et le KKE (PC grec), qui ont récemment remporté une victoire tactique à Skouries. Eldorado et, dans leur ensemble, les capitalistes et leurs représentants politiques ont essuyé une défaite. L’hospitalité protège l’étranger démuni, non pas l’étranger pilleur et le dynaste. Il n’est pas surprenant non plus de constater que ceux qui s’acharnent sur les refugiés, depuis tout ce temps, lèchent les bottes de criminels.

Nous vivons dans une société où gouvernent les sodomites, au sens biblique du terme. Comme Mouzalas et Stathakis et tous ces ministres Syriza qui ont apposé leur signature sur la transformation des camps de concentration en structures permanentes. Anthimos (évêque de Thessalonique) est lui aussi un sodomite biblique, qui dit que « nous les aimons, mais nous n’avons pas assez de place », ainsi que Boutaris (le Maire de Thessalonique), selon lequel « la Ville ne peut donner que des aspirines ». Des sodomites bibliques aussi les nombreux conseillers régionaux de Syriza et quelques-uns de LAE, dans le camp de Rena Dourou, qui ont distribué des millions aux armateurs tout en laissant les migrants et les refugiés affamés et nus. Bien entendu, ceux d’Aube Dorée sont, eux aussi, des sodomites similaires qui ne s’en cachent même pas. Tout comme ne s’en cache pas Kyriakos Mitsotakis qui, en prononçant un discours de haine anti-refugiés au Parlement, a expliqué que parler de ‘migrants clandestins’ est un ‘droit humain de la droite’. Voilà la qualité des néolibéraux grecs.

Est-ce lourd de les qualifier ainsi ? Cela laisse-t-il des marges de malentendu ? Bien. Mais alors, quel est le qualificatif qui conviendrait aux milliers de morts évitables qu’ils ont provoquées en mer Égée et ailleurs et au comportement inhumain que l’État grec adopte à l’encontre des refugiés ? Un comportement illégal qui viole tous les traités internationaux ? Parce que, précisément, les ministres ont la responsabilité formelle pour tout ce que fait l’état. Ce sont leurs signatures qui se trouvent sous les lois de type nazi. Ils ne souhaitent pas assumer cette responsabilité ? Ils n’ont qu’à démissionner.

Comme cela se passait lors de la Shoah, en Allemagne, les responsabilités de la brutalité étatique contre les refugiés sont diffusées parmi les innombrables bureaucrates de l’Union européenne et des états nationaux, de sorte que personne n’ait le sentiment de porter une responsabilité personnelle. Mais, les ministres, à tout le moins, n’ont pas la possibilité de s’y soustraire. Pas plus que les sodomites-en-chefs de la Commission européenne et du Conseil de l’Union européenne.

Et, bien entendu, parmi eux, notre sodomite-en-chef à nous, Alexis Tsipras. L’égoïsme, le vide et l’insatiable soif de pouvoir de cette émule de Mussolini font de notre pays un lieu meurtrier, hostile et inhospitalier, tant pour les étrangers que pour les gens du pays. Et, entretemps, ils font du mot ‘gauche’ une injure pire que le sodomisme. Dorénavant, Syriza prétend que ‘gauche’ signifie ‘noyer en mer, cultiver la soumission et imprégner d’apathie cynique, organiser le génocide des personnes âgées et vulnérables et saisir les maisons des pauvres pour les donner aux banquiers. Si, contre tout espoir, il arrivait à son but, alors la gauche disparaîtra ici aussi, comme elle le fit dans les pays qui appartenaient jadis au bloc soviétique. À nous de ne pas le laisser faire.

Le texte original, paru en langue grecque: ici: http://info-war.gr/%CE%BF%CE%B9-%CF%83%CE%BF%CE%B4%CE%BF%CE%BC%CE%AF%CF%84%CE%B5%CF%82/

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Athènes est devenu un théâtre de l’absurde

par Maria Negreponti-Delivanis*

Le peuple grec suit les faits et gestes de son premier ministre avec confusion et désespoir. Lors du référendum du 5 juillet, Alexis Tsipras avait demandé aux électeurs de répondre par un non tonitruant qui lui servirait d’arme dans les négociations avec l’Union européenne. Non seulement il avait promis l’abolition définitive des mémorandums qui ont précipité la Grèce dans la misère depuis cinq ans, mais il avait également promis une Europe nouvelle, enfin libérée de l’obsession de l’austérité.

Toutefois, le ‘Non’ franc et massif de 62 % du peuple grec qui a osé choisir un gouvernement de gauche et contester la justesse des mémorandums semble avoir rendu fous furieux les dirigeants européens. Et, au lieu de l’allégement des mesures inhumaines et totalement inefficaces imposées par ceux-ci, la « troïka » (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) en a émis un troisième dont les termes sont encore plus durs. Le premier effet de ce monstrueux accord sera l’augmentation de la dette qui, de son montant actuel de 173 % du produit intérieur brut, passera à 201 %. La volte-face spectaculaire de Syriza, aux antipodes de l’ambiance révolutionnaire des « mémorandums déchirés », de la « souveraineté nationale » et du « refus catégorique de l’austérité », a suivi.

Conséquence : une certaine forme de « nettoyage » du gouvernement et du parti, visant à exclure les membres restés fidèles aux principes de Syriza, et qui avaient refusé de se convertir au culte de l’euro. Ensuite, M. Tsipras n’a nullement ressenti le besoin d’expliquer à ses compatriotes cet incompréhensible revirement. Au contraire, il s’est empressé de démissionner et de fixer la date des élections législatives anticipées pour le 20 septembre. Cette fois-ci, Alexis Tsipras exige du peuple grec qu’il annule le non spectaculaire du référendum du 5 juillet pour le remplacer par un grand oui qui légitimera le troisième mémorandum.

Antidémocratique

Il était tout naturel que le comportement antidémocratique du premier ministre grec suscite des rumeurs de coup d’Etat, de trahison et de complots ourdis contre le peuple grec. Une chose, assurément, est certaine : l’ambiance qui prévaut ces derniers mois en Grèce est celle d’un théâtre de l’absurde, où le bon sens n’a plus sa place. Le non au référendum visait sans équivoque les mémorandums et incitait directement à rompre avec les créanciers, s’ils persistaient dans leur politique.

Le premier ministre avait pour mandat d’en tirer les conséquences, y compris en envisageant la sortie de la zone euro. Il aurait dû, entre autres, élaborer un « plan B » crédible de retour à la monnaie nationale. Et, surtout, il n’aurait pas dû lancer après coup des accusations ridicules sur une trahison présumée prétendument commise par ceux (en admettant qu’ils avaient existé) qui avaient pris le soin de préparer un tel plan en assurant la liquidité élémentaire des banques et en imposant, en temps utile, des restrictions, comme l’exportation de capitaux à l’étranger.

Inexcusable

Même en admettant que ces actions ou manquements majeurs pourraient lui être pardonnés en les attribuant à son inexpérience, d’autres sont vraiment inexcusables. Par exemple quand M. Tsipras a proclamé qu’il livrerait « terre et eau » pour rester dans l’euro. Voilà la manière frivole et inébranlable avec laquelle le gouvernement grec considère le retour inévitable à la monnaie nationale.

Des membres du gouvernement, en parfaite harmonie avec le directoire de l’Union européenne et la puissante opposition qui s’est récemment métamorphosée en force progouvernementale, prétendent que « le retour à la drachme serait une catastrophe ». Toutefois, ils se gardent bien d’expliquer les méthodes et les chiffres qui leur ont permis de conclure que l’instauration d’une nouvelle drachme en constituerait une supérieure à celle que provoquent les mémorandums.

Car, il n’est sérieusement plus permis de douter que ceux-ci conduisent la Grèce tout droit vers une disparition nationale, économique et démographique, en contraignant les Grecs à vendre leurs avoirs, en abolissant le secteur public après l’avoir démantelé, en jetant impitoyablement à la rue ceux qui n’arrivent pas à rembourser leur prêt immobilier pour leur résidence principale, en permettant aux employeurs de licencier massivement, en réduisant les salariés et les retraités à la misère, en éliminant toute trace de protection sur le marché du travail et en renonçant à toute forme de souveraineté et de fierté nationale avec pour horizon exclusif le régime colonial de la dette.

L’instauration d’une nouvelle drachme est la seule solution offrant une issue à l’impasse actuelle

Certes, l’instauration d’une nouvelle drachme ne sera pas anodine. Mais c’est la seule solution offrant une issue à l’impasse actuelle. M. Tsipras peut remporter ou perdre \les élections du 20 septembre. Mais, dans les deux cas, le résultat sera le même : le premier gouvernement de gauche en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d’une dictature financière étouffante, dans un pays membre de l’Union européenne, mettant en péril direct et majeur la paix sociale. Et pas seulement celle-ci.

Car ce sacrilège aura, inévitablement, des conséquences particulièrement délétères sur l’ensemble de l’Europe, mais aussi sur le monde entier. A court terme et pour l’instant, le seul vœu, utopique à ce stade, qu’on peut formuler est d’éviter que cet accord criminel soit mis en œuvre. C’est après seulement que les Grecs soutiendront, tous ensemble, le retour à la souveraineté et à l’Europe.

  • Maria Negreponti-Delivanis, économiste, est ancienne rectrice de l’université macédonienne de Thessalonique, ancienne conseillère de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
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Zeibekiko

Une danse…d’hommes…entre terre et ciel…

et une des plus belles musiques grecques par Manos Loizos…

C’est tout !

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Syriza : le clou dans le cercueil de LA gauche ?

…. Depuis cinq ans et demi, le pays tangue sur une mer houleuse… la Commission tire par-ci, le Fonds monétaire tire par-là, la BCE tire de l’autre côté (et maintenant, on a aussi le Mécanisme européen de stabilité, qui tire de l’ôôotre coté…) C’est à se demander combien de cotés il y a !…

Pour lire le début et la suite : cliquez ici

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La nuit des dupes : Une nuit qui dure depuis cinq ans et demi

Au petit matin du vendredi 14 août, le Parlement grec a adopté le 3èmeMémorandum, autrement dit le «plan de sauvetage», qui impose à la Grèce une série de «réformes» meurtrières en échange d’un nouveau prêt de 85 milliards d’euros. Au total, 222 élus ont voté pour, 64 se sont prononcés contre – dont une trentaine membres de Syriza, y compris l’ex-ministre des Finances Varoufakis –, 11 se sont abstenus (3 députés étaient absents). Le texte a donc été validé à la majorité grâce au soutien des trois grands partis d’opposition, Nouvelle Démocratie (conservateur), le Pasok («socialiste») et To Potami («centre gauche»). Christine Cooreman nous raconte comment elle a vécu ces heures noires.-Tlaxcala

Pour la suite : http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15659

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Gouverner plein d’illusions n’est pas simplement catastrophique : en fin de compte, c’est criminel

(traduction de l’article publié en grec ici. Cet article est une version commentée par Costis Melolidakis, qui est Professeur suppléant au Département des Mathématiques de l’Université d’Athènes. Moi, je n’ai fait que traduire !)

Yannis Kimpouropoulos a rédigé une excellente critique sur les illusions de Tsipras et Varoufakis. Il a lui-même choisi un extrait de son article comme préface:

Les positions de nos partenaires ne se sont jamais, pas une seule seconde, éloignées du Discours Rationnel. Elles étaient toujours aussi prévisibles que logiques. Mais, surtout, elles étaient européennes. Car, c’était et c’est la logique des mécanismes européens, c’est la logique de l’Union européenne, comme la gauche grecque le proclamait depuis les années 1960. Une logique de classe, clairement une logique de mécanismes qui visent à arracher la richesse des faibles et à la transférer aux puissants. Même maintenant où, dorénavant tout le monde, y compris les « institutions » elles-mêmes, voit bien que le troisième mémorandum n’atteindra aucun des ses objectifs, pourquoi donc l’UE insiste-t-elle ? Serait-elle prise de déraison ? Non, tout simplement parce qu’il existe des filets et des bijoux de famille sur lesquels ils n’ont pas encore mis le grappin. Il s’agit d’une logique transparente que seules les illusions que vous portez en vous peuvent vous empêcher de voir. C’est ça, la vraie Europe. L’Europe de MM. Varoufakis et Tsipras existe dans la sphère du fantasme onirique. Gouverner avec des illusions n’est pas simplement catastrophique. En fin de compte, c’est criminel.

Je cite l’intégralité de l’article, enrichi de notes, de parties soulignées et de liens :

Cet article a vu le jour à la suite d’une avalanche d’articles, d’interviews et d’oracles, souvent contradictoires, que M. Varoufakis lance par rafales (la métaphore ne vient pas de nous). Ici, nous voulons voir les idées centrales qui sont mises en avant par le -ne l’oublions pas- négociatur principal du Gouvernement grec, en dépit du fait qu’il ait démissionné au dernier moment.M. Varoufakis continue de naviguer dans les océans de l’idéalisme (j’utilise le terme dans le sens strictement philosophique et non dans son acception courante). Selon ce qu’il a dit dans son interview d’hier à CNN : «la vérité est que la troïka puissante des créanciers ne s’intéressait pas à trouver une solution raisonnable, honnête, mutuellement acceptable», [1] c’est-à-dire, encore maintenant, il estime que le Gouvernement grec devait « négocier » sur la base es idées de la « raison » et de « l’honnêteté » ou, comme il l’avait dit de manière très élégante, selon le « Discours raisonné » de Kant. Pour aboutir au …«Qu’est-ce que l’Europe s’est-elle faite à elle-même ? », sous-entendant que l’accord avec la Grèce est catastrophique pour l’ Europe, une Europe fantasmée qui, comme nous le verrons, n’existe que dans l’esprit des européistes de la  «gauche tout terrain», comme ils ont été, de manière très opportune, qualifiés récemment.Mais, prenons les choses dans l’ordre. Il y exactement deux ans, dans un article intitulé «Dans quelle mesure les positions de l’équipe dirigeante de SYRIZA concernant la renégociation du mémorandum, tiennent-elles ?» [2], j’avais traité de l’essence des idées de négociation de l’équipe dirigeante de SYRIZA pour montrer que « la négociation selon Alexis Tsipras n’est pas fondée, du point de vue de la théorie stratégique, et, par conséquent, n’aura pas lieu ». En effet, j’avais traité des deux points de départ-termes contradictoires de la «négociation» selon SΥΡΙΖΑ, d’une part, l’abolition des mémorandums et, d’autre part, le maintien dans la zone euro, quelles que soient les conditions.J’avais commencé par aborder la question à laquelle Tsipras avait été appelé de répondre dès son discours prononcé à l’occasion de l’inauguration de la Foire internationale de Thessalonique, en 2012 : Si l’Union européenne rejette les demandes grecques, la Grèce quittera-t-elle la zone euro ? Il avait répondu à l’époque (2012) qu’il était exclu que l’UE rejette les demandes grecques parce que la Grèce tient entre ses mains le … sort de la zone euro. Mais, huit mois plus tard, l’UE n’a pas cédé à Chypre et il était dorénavant clair que la ligne de SΥΡΙΖΑ présentait de sérieuses lacunes. Le seul qui, jusqu’à la fin, insistait que Chypre ne devait pas céder, parce que l’UE bluffait (!) était M. Varoufakis. Au contraire, dans une interview au journal « Elftherotypia du dimanche, accordée en juillet 2013, Tsipras a mis en avant la nouvelle illusion qui nous tourmente ces dernières années. À savoir que l’arrivée de SΥRΙΖΑ modifiera radicalement le paysage de l’Europe de sorte qu’il résultera une nouvelle structure et un nouveau fonctionnement des organes de l’UE pour donner suite favorable aux revendications de SΥRΙΖΑ.

Notons, ici, entre parenthèse que cette théorie est encore diffusée avec force et, dorénavant, coexiste avec la narration Varoufakienne contraire, selon laquelle l’Eurogroupe est à 99% l’instrument de Schäuble avec quelques bribes d’indépendance des Français. Mais, c’est là la caractéristique des illusions : elles s’intègrent dans des systèmes présentant des contradictions formelles, sans pour autant perdre leur capacité d’être diffusées par les médias et les autres mécanismes idéologiques de l’état.

Mais, revenons à 2013. Tsipras avait insinué à l’époque que, s’il se voyait contraint par l’Europe, il répondrait par des actions unilatérales, sous-entendant la cessation de paiements. J’avais démontré à l’époque que la menace (au sens stratégique du terme) brandie par Tsipras à l’égard des partenaires ne serait pas crédible tant que la Grèce n’avait pas pour alternative la sortie de la zone euro. La leçon à tirer du cas de Chypre était qu’il fallait disposer d’une riposte si la Banque centrale européenne (BCE) interrompait la liquidité des banques grecques. L’unique réponse possible dans un cas pareil, serait la sortie de la zone euro, mais Tsipras rejetait cette éventualité a priori et avec emphase, dans tous les cas. Par conséquent, les menaces des actions unilatérales était une menace creuse et, pareilles menaces, sont des cartes non utilisables dans les négociations.

Ainsi, sommes-nous arrivés à janvier 2015 et au moment où SYRIZA assume la gouvernance. SYRIZA qui, dorénavant, devait « négocier » pour du vrai bien qu’ayant déjà «brûlé» les cartes, les éventuels avantages dont il pouvait disposer dans la sphère de la réalité.
Qu’est-ce que SYRIZA a donc choisi de faire, face à la contradiction ? Une fois n’est pas coutume, il a fuit vers le pays du Fantasme onirique. À présent, l’on mobilise le «Discours raisonné» et Kant. À la question de savoir « Comment les pressions seront-elles levées?» qui lui fut posée le 6 février de cette année, M. Varoufakis se suffit de répondre «par le biais du discours raisonné que l’Europe a créé» [3]. Ainsi, l’UE cèderait aux revendications de la Grèce, parce que  ces revendications étaient… «justes»«raisonnables», etc.(!) et qu’il n’était pas concevable que l’Europe de la raison n’en tienne pas compte. Ainsi, selon la narration de SYRIZA, en fin de compte, l’accord était certain et inévitable, même au prix de concessions. Et nous nous souvenons tous que, cet accord était attendu, durant des mois  «d’un jour à l’autre».

Légende : Saint Jean l’Évangéliste

L’absurdité de cette prétendue négociation ressort encore plus si l’on se souvient du fait que, le 16 février, M. Varoufakis est revenu avec des exigences : «L’Europe doit s’adapter au fait que la Grèce conteste un programme qui a échoué ». D’accord, mais si elle ne « s’adapte » pas, qu’est-ce que M. Varoufakis propose ? Mais, il propose les principes de la démocratie, répond-il, «la Démocratie veut qu’il y ait une combinaison de points de vue qui s’opposent. Nous ne pouvons pas dire que c’est la fin. L’histoire de l’UE a prouvé que les ultimatums ne sont pas une solution» [4].

L’idéalisme illusoire dans toute sa gloire« les principes de la démocratie imposent…» ! Mais la fuite de la réalité atteint le paroxysme, par la suite. Car, immédiatement après, M. Varoufakis, qui est également considéré comme un connaisseur de la théorie des jeux, a ajouté : «Nous ne bluffons pas, nous disons que nous voulons un accord honnête et des points de contact. C’est là notre seul choix. C’est notre plan Α. Nous n’avons pas de plan B».

Légende : « La théorie des jeux ne fonctionne que si les joueurs sont rationnels. Je ne suis pas certain que ce soit le cas en Europe…. »

C’est incroyable de voir où peuvent mener les illusions.

J’avais écrit à l’époque : «Le fait que [le gouvernement grec] souligne à tous les coups sa volonté de signer et l’absence de tout autre plan, constitue-t-il, à votre avis, une tactique de négociation ? Ou bien cela rappelle ce prédécesseur inoubliable – et à présent, appelé à comparaître en justice- de M. Varoufakis, M. Papaconstantinou qui, lorsqu’il « négociait » le premier mémorandum proclamait haut et fort que la Grèce ne disposait pas d’autre issue que le mémorandum, rapprochant le cas du pays de celui du «Titanique» ? » [5].

Et, nous en arrivons à la signature de l’Accord, où le gouvernement grec accepte la théorie thatchérienne de ΤΙΝΑ (There Is No AlternativeIl n’y a pas d’alternative) et M. Varoufakis  vote contre considérant (à juste titre) que cet accord pérennise et aggrave le problème. Mais, alors ? S’il n’y a pas d’alternative et si l’accord disponible mène à bien pire, nous faudrait-il, en tant que Nation, aller nous suicider en masse ?

Même M. Varouakis doit s’être aperçu de cette contradiction dans les termes, ainsi, il s’est empressé d’affirmer que, bien sûr qu’il y avait un plan B dans les mains de M. Tsipras, ce dernier ne l’ayant évidemment pas accepté. Il semblerait que le commentaire de Krugman l’a dérangé. En effet, celui-ci a dit qu’il ne s’attendait pas à pareille incompétence de la part du gouvernement grec. Mais, ce Plan Β on ne nous en n’a pas parlé, tout comme on n’a pas rendue publique la prétendue étude selon laquelle Tsipras a préféré signé plutôt que de passer au plan B. Mais, il ressort de bribes entendues ci et là que le Plan B Varoufakienen admettant qu’il ait jamais existén’était pas considéré comme une alternative sérieuse, mais simplement comme une technique servant à prolonger ultérieurement la (prétendue) négociation, c’est-à-dire, le processus ridicule qui a fini par nous mettre à genou. Il s’agissait essentiellement de l’introduction d’une double monnaie par le biais de reconnaissances de dette (IOU) qui, une fois de plus, aurait lieu tout en proclamant que d’aucune manière et pour aucune raison il n’y aurait sortie de la zone euro, c’est-à-dire, encore la même chose, pour que M. Varoufakis poursuive ses allers et retours à l’Eurogroupe.

Et, ici, M. Varoufakis tombe dans une contradiction supplémentaire. En même temps qu’il s’efforce de répondre aux critiques de Krugman, en disant qu’ils disposaient soi-disant d’un Plan B (ce qui, de toute manière, était en contradiction avec ce qu’il affirmait passionnément dans le passé, comme nous venons de le voir), il poursuit : « Le premier ministre était confronté à un choix incroyablement difficile : se suicider ou être exécuté » [1]. Mais, cela est une contradiction par rapport à l’existence d’un Plan B, le Plan B étant par définition un plan qui vous permet de survivre si votre plan initial échoue.

Il est évident qu’il existe des motivations personnelles derrière les rafales d’articles, discours, fuites, interviews, etc., lancées par M. Varoufakis ces derniers jours. Mais, elles ne nous intéressent pas.

·         Note d’omadeon : Et pourtant, ces motivations intéressent beaucoup de gens. Voir, par exemple, l’article « Quel chèque Varoufakis a-t-il encaissé, avec son OUI d’hier? ».

Ce qui nous intéresse, c’est la qualité du discours idéologique énoncé, la critique politique et théorique de ses arguments et, ce, surtout, dans la masure où ils ont également constitué des arguments de l’establishment de SYRIZA.

Légende : le logo de SYRIZA, version Nouvelle démocratie, par Jodi Graphics.

Tout d’abord, nous sommes intéressés par l’invocation, dans l’exercice de la politique de la « raison » et des « valeurs humaines universelles » en tant qu’arguments idéologiques. L’on pourrait entendre tout cela, peut-être, avec un certain intérêt, au début et dans la première moitié du 18e siècle, lorsque la classe bourgeoise préparait son assaut contre le féodalisme, invoquant, elle aussi, le « raison » et les «valeurs humaines universelles» en tant qu’arguments idéologiques. Mais, depuis cette époque-là, bien d’eau a coulé sous les ponts. Et lorsque ces arguments sont utilisés pour couvrir le manque d’armes, d’un prétendu gouvernement de gauche, alors, l’on se demande raisonnablement que peut-il bien se passer d’autre.

Deuxièmement, nous sommes intéressés non seulement par l’inexistence de plans alternatifs (grave incompétence, selon Krugman) mais aussi par l’affirmation a priori de notre désarmement volontaire, par le renoncement public à toute autre alternative, à l’exception du plan initial consistant à invoquer les principes de la démocratie et du droitIl n’y a qu’en Grèce que l’on puisse vendre le mensonge évident que cette « négociation » à la G. Papaconstantinou est effectivement une négociation. Sans mentionner le fait qu’il est extravagant de considérer qu’une personne connaissant le « b-a-ba » de la Théorie des jeux puisse tomber dans pareille incroyable bêtise.

Lorsque l’on traite des six derniers mois, mais aussi des cinq dernières années, il faut faire la distinction entre les cas Tsipras et Varoufakis. M. Tsipras joue sur les fantasmes d’une société qui a appris à penser en termes d’illusions par le biais de «Grandes Idées». La classe dirigeante a embrassé avec passion, de nos jours, la grande Idée de l’euro, les couches moyennes et petite-bourgeoises, quant à elles, ont embrassé la Grande Idée de l’européisme, certaines couches populaires ont embrassé la Grande idée du «Pouvoir populaire ou rien», d’autres couches marginalisées ont adopté la Grande Idée de l’éloignement des migrants  qui nous prennent le pain de la bouche.

M. Tsipras, en vrai populiste, énonce un discours qui rejoint ces illusions de la masse en s’efforçant, comme ce fut prouvé, d’intégrer la protestation populaire dans le système du capitalisme grec dépendant. Son cas est différent de celui de M. Varoufakis. Celui-ci s’efforce de composer une narration concernant la politique de SYRIZA, de construire une théorie qui idéologisera toutes ces choses incroyables qui nous avons vu se dérouler depuis sept mois. Pour ma part, je suis profondément marqué par la fragilité du discours du M. Varoufakis. Ce discours n’est pas seulement impensable pour un homme politique. Il l’est surtout pour un universitaire et, qui plus, un universitaire qui est aussi considéré comme un connaisseur de la théorie de la stratégie. Quand il utilise le terme de « négociation » parlant d’un processus qui, du point de vie politique et théorique, n’a rien à voir avec la négociation, et quand, afin de dissimuler le vide de son discours, il glisse  dans l’invocation des idées de l’ «européisme », de la «raison» et de l’«honnêteté », alors, nous devons tous nous rendre à l’évidence : M. Varoufakis n’était pas simplement le mauvais homme au mauvais endroit. M. Varoufakis était le symptôme théorique d’un phénomène de crise beaucoup plus profond qui a amené un parti du « on verra bien ce qu’on fera » à exprimer la protestation sociale.

Les positions de nos partenaires ne se sont jamais, pas une seule seconde, éloignées du Discours Rationnel. Elles étaient toujours aussi prévisibles que parfaitement logiques. Mais, surtout, elles étaient européennes. Car, c’était et c’est la logique des mécanismes européens, c’est la logique de l’Union européenne, comme la gauche grecque le proclamait depuis les années 1960. Une logique de classe, clairement une logique de mécanismes qui visent à arracher la richesse des faibles et à la transférer aux puissants. Même maintenant où, dorénavant tout le monde, y compris les « institutions » elles-mêmes, voit bien que le troisième mémorandum n’atteindra aucun des ses objectifs, pourquoi donc l’UE insiste-t-elle ? Serait-elle prise de déraison ? Non, pour la simple et bonne raison qu’il existe des filets et des bijoux de famille sur lesquels ils n’ont pas encore mis le grappin. Il s’agit d’une logique transparente que seules les illusions que vous portez en vous peuvent vous empêcher de voir.

C’est ça, la vraie Europe. L’Europe de MM. Varoufakis et Tsipras existe dans la sphère du fantasme onirique. Gouverner avec des illusions n’est pas simplement catastrophique. En fin de compte, c’est criminel.

 

[1] http://tvxs.gr/news/ellada/baroyfakis-sto-cnn-eixame-plan-b-me-entoli-toy-prothypoyrgoy
[2] «Πόσο ευσταθούν οι θέσεις της ηγετικής ομάδας του ΣΥΡΙΖΑ για επαναδιαπραγμάτευση του μνημονίου, όταν αναλάβει την κυβέρνηση;» http://www.aristerovima.com/details.php?id=4335
[3] http://www.euro2day.gr/news/economy/article/1301476/varoyfakhs-synehizomenh-yfesh-to-mnhmonio.html
[4] http://news.in.gr/economy/article/?aid=1231386193
[5] «Μπότες, Σπιρούνια και Καυτές Διαπραγματεύσεις», http://www.aristerovima.com/details.php?id=4780.

 

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Quel chèque Varoufakis a-t-il encaissé, avec son OUI d’hier ?

Par Dimitris Kazakis

Par sa communication d’hier, M. Varoufakis nous a annoncé que lors du vote pour l’adoption du nouveau Code de procédure civile et de la directive de l’Union européenne concernant le « haircut » des dépôts (BRRD) il votera OUI. La raison ? Elle est évidente : ces propositions étaient incluses dans celles qu’il avait lui-même soumises.

Voilà ce qu’il dit dans sa communication : « Je savais déjà que les amendements au Code de procédure civile regorgeaient de dangers concernant les droits humains des parties les plus faibles en cas de faillite d’entreprises ou de ménages. Par ailleurs, la meilleure des choses que l’on pourrait dire concernant la directive sur « l’assainissement » des banques était que, au fond, il s’agissait d’un grand coup d’épée dans l’eau (puisqu’elle garantissait au niveau juridique les dépôts garantis sans pour autant garantir le financement du fonds qui devait les… garantir). Toutefois, j’ai estimé que s’il s’agissait, dans le cadre d’un accord honnête, de préserver nos lignes rouges importantes (par exemple, des excédents primaires ne dépassant pas 1% ou, tout au plus, 1,5%, les pensions, les droits sociaux, une TVA faible), le Code de procédure civile et la directive BRRD ne représentaient pas de concessions majeures. C’est pourquoi j’avais inclus ces deux préalables dans notre liste. »

Balivernes. Balivernes à la énième puissance tendant à l’infini. Et encore plus loin, comme disait Buzz l’Éclair dont ce grand économiste a appris tout ce qu’il sait.

Le nouveau Code de procédure civile abolit 2 siècles de culture juridique et, en fait, transforme les tribunaux de moyen d’attribution de justice en moyen d’oppression du citoyen. Ils l’ont toujours été, mais, dorénavant, ce rôle est officiellement instauré. Avec ce nouveau Code, le citoyen perd toute protection. À moins d’être banquier, investisseur étranger ou à moins de disposer de plein de fric et des connexions adéquates avec le pouvoir.

Le nouveau Code de procédure civile a été introduit dans le seul but de piller le petit et moyen patrimoine du citoyen Grec qui doit aux banques, au fisc, aux caisses de sécurité sociale, sans pouvoir se défendre, ne fut-ce que par la prorogation du délai de vente aux enchères. L’on prévoit des procès « muets », c’est-à-dire, sans témoins, des procédures express aux dépens des débiteurs, voire, des ventes aux enchères électroniques pour permettre le rapt du bien immobilier dans quelques mois à peine.

Ce Code de procédure civile a été proposé par des conseillers juridiques de banquiers et d’investisseurs dans l’immobilier. Il s’agit du cadre juridique dont avaient besoin les vautours pour la « fête » contre la petite et moyenne propriété, en Grèce. En l’imposant, le patrimoine d’environ 70% des citoyens Grecs changeront de mains et seront concentrés dans des « organismes d’exploitation », comme les sociétés de M. Buffet et de M. Soros. « Amis » bien connus de M. Varoufakis.

Par conséquent, M. Varoufaks a voté OUI à la fête que feront les vautours sur la propriété de la majorité écrasante des citoyens Grecs. Il fit de même concernant la directive BRRD qui, pour la première fois, autorise la fermeture des banques, le « haircut » à volonté des dépôts, des participations, au bénéfice des investisseurs étrangers et des titres que les banques ont vendus à leurs clients. Encore une fête pour les spéculateurs et les vautours aux dépens des épargnants et des deniers publics, à laquelle M. Varoufakis ne peut que dire OUI.

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Lettre de Zoé Konstantopoulou : Le Parlement vote sous le chantage et la menace

La lettre de la Présidente du Parlement grec au Président de la République et au Premier ministre :

 

À M. le Président de la République, M. Prokopis Pavlopoulos

À M. le Premier ministre, M. Alexis Tsipras

Du fait de mes devoirs institutionnels, je vous signale que les conditions dans lesquelles est introduit au débat le projet de loi « Mesures urgentes de mise en œuvre de la L. 4334/2015», composé du texte déposé dans la nuit du 20 au 21 juillet 2014, comportant 977 pages, incluant tous les textes que les parlementaires doivent étudier et prendre en considération afin de former un avis et de voter selon la procédure d’urgence dans la journée en cours, et qui contient :

  1. en 1 article (article premier) les008 articles du Code de procédure civile et ceux de la loi d’introduction du Code de procédure civile, et
  2. en un article (article 2) les 130 articles relatifs à la transposition au droit grec d’une directive de l’UE (NdT : directive sur les banques et le bail-in, entre autres)

ne garantissent pas que la Constitution soit respectée, que le fonctionnement démocratique soit protégé, que le pouvoir législatif du Parlement soit exercé ni que les parlementaires votent selon leur conscience.

Sous un régime de chantage plus qu’évident, provenant de gouvernements étrangers- membres de l’UE, et dirigé contre le Gouvernement grec et les parlementaires, il est introduit et, qui plus est, «sans la possibilité d’introduire le moindre amendement», un texte législatif qui entreprend une intervention majeure sur le fonctionnement de la Justice et sur l’exercice des droits des citoyens, de manière qui abolit tant le fonctionnement de la République grecque en tant qu’état social de droit, où la séparation des pouvoirs peut fonctionner, que la préservation du principe du procès équitable.

Des Ministres qui ne sont pas d’accord avec son contenu sont contraints d’introduire ce texte au Parlement, alors qu’ils s’y opposent directement, tandis que des parlementaires, qui s’opposent également à son contenu, sont contraints de voter pour.

Le tout sous menace directe de faillite désordonnée.

Il s’agit d’un acte législatif qui provient de la dernière période parlementaire, déposé par l’ancien ministre de la Justice, M. Ch. Athanasiou, concernant lequel, en décembre 2014, les avocats de l’intégralité du pays avaient été invités à se prononcer dans le cadre d’un référendum organisé sous l’égide de l’Assemblée générale des présidents des barreaux du Pays, et dont le résultat était le rejet du projet de loi, avec une majorité de plus de 93% des avocats qui ont voté contre.

En outre, contre le projet de loi ce sont exprimés également les représentants de la Justice, les assemblées administratives des Tribunaux et, dans l’ensemble, les acteurs sociaux intéressés. Les deux partis au gouvernement s’étaient engagés avant les élections nationales de ne pas introduire ledit acte législatif et aucun des deux n’a changé d’avis ni de position quant au fond du texte.

Le fait que ce texte législatif ait été choisi par des gouvernements étrangers, participant au Sommet européen, comme « pré-requis » c’est-à-dire, comme condition pour entamer des négociations en vue d’une solution (NdT: solution au « problème grec »), montre la taille du dédain dont font preuve lesdits gouvernements étrangers envers les principes du fonctionnement du parlement, de la souveraineté populaire et, enfin, de la démocratie.

La responsabilité institutionnelle de tous est énorme. En assumant ma responsabilité en tant que Présidente du Parlement, je vous demande d’informer vos homologues à propos de ma lettre présente que je notifierai par la suite à mes homologues de toute l’Europe, à la suite de mes interventions antérieures, de mes propositions et de ma lettre récente au Président du Parlement européen, M. Martin Schultz, qui a été notifiée aux membres du Parlement européen.

Cette attaque violente contre la Démocratie ne peut pas être commise dans le contexte de l’Union européenne. Et elle ne peut certainement pas être commise dans le silence.

Athènes, le 22 juillet 2015

Avec honneur,

La Présidente du Parlement grec

Zoé Ν. Konstantopoulou

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Entre les deux (possibilités) mon coeur balance, M. Varoufakis

par Dimitris Kazakis*

Varoufakis est de ceux qui peuvent vous raconter des bobards sans rougir du tout. Qui plus est, ces bobards peuvent se contredire. Comme si le fait qu’il ne maîtrise pas le domaine, il veut en plus dissimuler son rôle dans la capitulation récente de la Grèce. C’est plutôt difficile de faire le tri entre les bêtises qu’il raconte à la vitesse d’une mitraillette, matin, midi et soir.

 

«Les Grecs ont raison de trembler à l’idée de quitter l’union monétaire. Quitter une monnaie commune ne ressemble en rien à l’abandon d’un lien (peg) comme celui de la Grande-Bretagne, en 1992, qui a quitté le Mécanisme de change (ERM). Hélas, la Grèce ne dispose pas d’une monnaie qui lui soit propre et dont le lien avec l’euro pourrait être interrompu. Elle dispose de l’euro, d’une monnaie étrangère, gérée par un créancier qui est hostile à la restructuration de notre dette non viable. Pour quitter l’euro, nous devrions créer une nouvelle monnaie à partir de rien. En Irak occupé, pour introduire une nouvelle monnaie, il a fallu près d’un ans, 20 Boeing 747, la mobilisation de l’armée américaine, trois entreprises d’impression et des centaines de camions. Sans appui similaire, un Grexit correspondrait à annoncer une dévaluation très importante 18 mois avant qu’elle n’ait lieu : une bonne recette pour liquider tous les avoirs grecs et transférer le produit de la liquidation à l’étranger par tous les moyens possibleshttp://tvxs.gr/news/ellada/baroyfakis-giati-o-soimple-thelei-tin-eksodo-tis-elladas-apo-eyro

Voilà ce qu’a récemment dit M. Varoufakis. Que dire ?! Si les Grecs tremblaient à l’idée de… quitter l’union monétaire,  61,3% d’entre eux n’auraient pas voté « NON » aux euro-languissants et à l’incroyable campagne terroriste qu’ils ont menée. Mais, il ne s’agit-là que d’une chose mineure.

Non seulement Varoufakis ne sait pas mais, en plus, il ne peut pas réfléchir en servant de la raison. Quand est-il plus difficile de changer de monnaie ? Quand il existe déjà une monnaie « verrouillée » en peg sur une monnaie internationale, comme le dollar, l’euro, ou bien quand il faut introduire une monnaie nationale totalement nouvelle ?

Tout qui connaît le b-a-ba en économie sait que la déconnexion du peg est beaucoup plus difficile à réaliser que l’introduction d’une nouvelle monnaie nationale. Pourquoi ? Parce que quand on dispose déjà d’une monnaie nationale et qu’on la déconnecte du peg, il faut disposer d’importantes réserves de change pour faire face aux pressions spéculatives qui visent à la dévaluation, sur les marchés de change.

Voilà pourquoi l’Argentine devait et doit entretenir des disponibilités de change élevées pour intervenir sur les marchés internationaux de change chaque fois que l’on s’attaque à sa monnaie. Voilà pourquoi l’Islande a subi une dévaluation de 400% de sa monnaie dès qu’elle a décidé de ne pas rembourser ses dettes. Pour tenir le coup, elle a été contrainte d’utiliser du change précieux, pour retirer sa monnaie des marchés internationaux et la placer sous régime de protection.

Heureusement l’Islande est une petite économie et a pu le faire, c’est-à-dire, retirer sa monnaie des marchés internationaux. L’Argentine, elle, n’est pas en mesure de le faire. Si sa monnaie continue à subir des attaques massives, elle aura deux choix : se rendre aux marchés internationaux des capitaux ou introduire un peso tout neuf.

Si l’on introduit une monnaie nationale entièrement nouvelle, où est-ce que les marchés forex la trouveront pour la dévaluer ? Dans une économie protégée, il existe une seule source pour que les marchés internationaux s’approvisionnent en nouvelle monnaie : la banque centrale. Et, pourquoi est-ce que la banque centrale vendrait la nouvelle monnaie ? Cela arriverait uniquement si votre économie est dominée par les banquiers et les boursiers.

La Grèce a l’avantage d’introduire une monnaie entièrement nouvelle, une drachme parfaitement nouvelle. Et elle ne sera pas offerte sur les marchés de change internationaux parce que, tout simplement, cela aura été interdit à la nouvelle banque centrale qui succèdera à la BC actuelle. Elle ne sera pas autorisée de la vendre à des investisseurs financiers étrangers. De ce fait, la monnaie sera protégée. Où est-ce que les spéculateurs la trouveront-ils pour la dévaluer ?

Et, comme si cela ne suffisait pas, Varoufakis nous explique que ce sera terriblement difficile de battre monnaie en Grèce. Non pas parce que l’on aurait détruit les presses de Holargos (NdT : l’hôtel de la monnaie grec, à Athènes), comme il a prétendu, sans rougir, il y a quelques semaines. Ce sera difficile parce que c’est très difficile. Pour un fainéant par nature, ce pourrait l’être. En tout cas, ce n’est pas difficile parce que les américains auraient mis une année entière pour introduire la monnaie. Ce sont là des arguments de niveau « Cosmopolitan ».

La vérité est que les forces d’occupation américaines en Irak ont achevé la conquête du pays en juin-juillet 2003. La nouvelle monnaie fut introduite le 1/1/2004, en mettant sur la place près de 6.000 milliards de nouveaux dinars irakiens. Avez-vous noté le chiffre ? 6 mille milliards ! Et ils le firent en moins de 6 mois. Voilà la vérité !

Quant à «l’annonce d’une dévaluation très importante 18 mois avant qu’elle n’ait lieu» cela ne peut être vrai que pour celui qui estime que la dévaluation est une espèce de phénomène métaphysique, quelque chose comme la volonté du bon Dieu. La seule raison pour laquelle une monnaie nationale protégée, c’est-à-dire, une monnaie qui n’est pas disponible sur le marché des changes, puisse être dévaluée serait à chercher dans un déficit du commerce extérieur qui se détériore et si, disposant de ministres comme Varoufakis, nous étions dans l’impossibilité de créer une croissance pour notre économie.

Quant à la «bonne recette pour liquider tous les avoirs grecs et transférer le produit de la liquidation à l’étranger par tous les moyens possibles,» nous le comprenons. Si M. Varoufakis considère comme vérités absolues les marchés financiers ouverts de « l’ami Mario (Draghi) » et de « l’ami George (Soros) », il va de soi qu’il ne sait pas qu’un gouvernement -notamment quand il introduit une nouvelle monnaie nationale- applique un contrôle sur le mouvement des capitaux.

Cela veut dire que toute personne exportant de l’argent ou des avoirs précieux (or, avoirs de tout type, œuvres d’art, etc.) est soumis à l’impôt. Qui plus est, un impôt élevé, supérieur à 45% pour l’argent et 90% pour les autres avoirs. La transition à la monnaie nationale sans impôts sur le capital exporté et sans contrôle des mouvements des capitaux est chose impensable. À moins de servir les intérêts d’un Soros.

Pour M. Varoufakis, il ne s’agit-là que de menus détails, d’une terre inconnue. Son savoir se limite à ce qui est dans l’intérêt des marchés ouverts et des spéculateurs. Voilà pourquoi, alors qu’il trouve qu’introduire une nouvelle monnaie nationale est une œuvre d’une difficulté incommensurable, il n’a aucun problème pour adopter l’IOU (titre de reconnaissance de dette) en tant que monnaie parallèle, pour l’économie grecque. Seul quelqu’un de criminellement ignare ou un énergumène de Shäuble et des marchés financiers pourrait considérer que la monnaie double ou parallèle serait une alternative à la monnaie étatique nationale.

 

*Dimitris Kazakis est économiste et animal politique (comme disait si bien Aristote) Grec. Il a créé le mouvement EPAM qui est devenu un parti. Depuis plusieurs années il analyse la situation de l’économie (et de l’Etat) grecque et parcourt le pays pour informer les gens et partager son savoir. Il est pour un mouvement patriote au sens large du terme (considérant que seul un pays qui se respecte est en mesure de respecter les autres). Il est pour l’annulation de la dette illégitime, odieuse et illégale. Il est pour l’introduction d’une nouvelle monnaie nationale.

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Ce qui se prépare derrière les portes closes de l’Eurogroupe !

Par Dimitris Kazakis*

Le cadre des négociations avec la Grèce a été déterminé par le document de Shäuble, qui a été déposé le 10 juillet. Un jour après que la Grèce ait soumis sa proposition. La proposition de Schäuble a été déposée au moment où, au Parlement grec, se déroulait le coup d’état inédit aux dépens du peuple grec.

 

Que prévoit la contre-proposition Schäuble ?

« Dans ces propositions, il manque des réformes centrales et importantes pour moderniser le pays et pour assurer la croissance économique et le développement durable à plus long terme. Ainsi, la réforme du marché du travail, la réforme du secteur public, le secteur bancaire, les réformes structurelles sont insuffisntes.

C’est pourquoi, les conditions pour un programme d’aide totalement nouveau, tel que la Grèce a demandé, sur trois ans via le Mécanisme européen de Stabilité ne sont pas remplies. Il nous faut une solution meilleure, une solution durable, à laquelle participerait le FMI. À présent, il existe deux voies :

1) Les autorités grecques améliorent drastiquement et significativement leur proposition, avec le plein soutien de leur Parlement. Ces améliorations doivent restaurer la confiance, assurer d’avance la viabilité de la dette et la réalisation réussie du plan, de manière à assurer l’accès aux marchés financiers, une fois le plan achevé. Les améliorations incluent :

a) le transfert des éléments les plus précieux du patrimoine grec (50 milliards d’euros) vers un fonds étranger, telle que la Fondation pour le développement, à Luxembourg, afin de les privatiser au fil du temps et à réduire la dette. b) renforcer les compétences et « dépolitiser » les tâches des administrations grecques, sous l’hégide de la COM, en vue de la bonne mise en œuvre du plan. C) Coupes automatiques des dépenses si les objectifs en matière de déficit ne sont pas atteints.

En même temps, une série d’instruments financiers seront réunis afin de faire le pont entre le présent et le moment où pourra avoir lieu le premier décaissement dans le cadre du plan renforcé. Cela signifie que le risque de non-conclusion d’un nouveau plan par le MES doit être assumer par la Grèce et non pas par les pays de la zone euro.

2) Si la viabilité de lette et la perspective crédible de mise en œuvre du plan ne peuvent pas être assurées, il faudra proposer à la Grèce des négociations rapides concernant une sortie provisoire de la zone euro assortie d’une possible restructuration de la dette, le cas échéant, au Club de Paris – avec un horizon possible de 5 ans.C’est la seule solution susceptible de permettre une restructuration suffisante de la dette qui ne serait pas conforme avec la participation à une union monétaire (Art. 125 du traité sur le fonctionnement de l’UE – TFUE).

La solution de la sortie provisoire devra être accompagnée d’un soutien à la Grèce en tant que membre de l’UE et du peuple grec, avec un soutien humainitaire et technique renforçant la croissance, pour les années à venir. La solution de la sortie provisoire devra également être accompagnée de la rationalisation de tous les piliers de l’Union économique et monétaire et de mesures précises visant à renforcer la gouvernance de la zone euro. »

(L’original se trouve ici).

 

Les deux alternatives de Schäuble.

1) La Grèce livre ses bijoux de famille (d’une valeur de 50 milliards d’euros) à un fond étranger, tel que l’Institut pour le développement, dont le siège se trouve à Luxembourg. Qu’est-ce qui est inclus dans ces « bijoux de famille » ? Presque tout ! Tout le patrimoine public qui est passé entre les mains du TAIPED, ainsi que les hôpitaux, les écoles, l’énegie, l’ensemble des infrastructures, etc.

Qu’est-ce que cet Institut pour le Développement dont le siège se trouve à Luxembourg ? Il est certain que la majorité des Grecs ne le connaissent pas. Il s’agit d’une société dénommée IfG créée par le gouvernement grec et la banque allemande KFW, en février 2013, dans le prétendu but de soutenir l’économie grecque et, surtout, les PME. La création a été approuvée par le ministre de l’époque, K. Hatzidakis, du gouvernement Samaras. En juillet de la même année, Schäuble s’est rendu en Grèce et a signé un « mémorandum d’entente » entre la Grèce et l’Allemagne, concernant l’opération conjointe de la société en question.

Pourquoi le siège au Luxembourg ? Pour que la société soit hors de la compétence des autorités judiciaires grecques et pour que la société puisse adopter la forme d’une « fondation » de gestion de portefeuille sous le régime de protection des sociétés off-shore. Jusqu’à ce jour, cette société n’a mis en peuvre aucun programme de financement de petites et moyennes entreprises. En revanche, sur le marché, on entend dire qu’il s’agit d’une vitrine par le biais de laquelle les Allemands rachètent le personnel politique de la Grèce.

C’est à cette société, IFG, c’est-à-dire, SA société, que Schäuble propose de faire passer la propriété des bijoux de famille de la Grèce, de manière à ce qu’elle soit vendue ou privatisée, afin de réduire la dette. L’usure étatitque à son comble.

Bien entendu, il exige la « dépolitisation » du contrôle de l’administration de l’état, ce qui implique que la totalité de la politique économique et budgétaire passe entre les mains de mécanismes non politiques (telles que la commission budgétaire) qui ne rendent compte à aucune institution politique du pays, c’est-à-dire, ni au gouvernement, ni au Parlement. Ni, bien entendu, à la Justice, puisque, comme tous les contrôleurs étrangers arrivés avec la troïka, ils disposeront de l’immunité.

Et, bien entendu, la proposition de Varoufakis ne pouvait manquer. En fait, il s’agit d’une ancienne proposition de Schäuble : imposer un système de coupe horizontale automatique des dépenses, si les objectifs budgétaires ne sont pas atteints. Une sorte de guillottine qui sera manipulée par les mécanismes de contrôle « dépolitisés ».

La sortie provisoire de l’euro.

La 2e alternative proposée par Schäuble consiste dans la sortie provisoire de l’euro. Pour au moins 5 ans. Une sortie provisoire de l’euro mais de l’UE. Pourquoi ? Pour que l’Allemagne, mais aussi les européens, puissent encore avoir le contrôle du pays, même hors-euro.

Shäuble propose que la Grèce soit mise hors euro et négocie la restructuration de sa dette avec le Club de Paris. Cela soulève une énorme question : si la Grèce est mise hors euro, quelle sera la partie de la dette qu’elle négociera ? Le Club en question gère les dettes entre états. Sur le total de la dette publique de a Grèce, seulement 52 milliards d’euros relèvent de ce type de dette. C’est-à-dire, de l’argent que la Grèce a emprinté dans le cadre du premier mémorandum directement auprès des états membres de la zone euro. Même selon le raisonnement de Schäuble, le Club n’est autorisé de discuter avec la Grèce à propos de rien d’autre.

Schäuble invoque l’article 125 du traité sur le fonctionnement de l’UE qui dispose que « l’Union ne répond pas des engagements des administrations centrales… ». Bon, alors pourquoi le Fonds grec de stabilité financière (ΕΤΧΣ) et le MSE ? Pourquoi l’Union a assumé l’obligation de « faciliter la Grèce par le biais de prêts » alors qu’elle devait la laisser gérer seule la question de ses obligations ? Même si elle faisait faillite. Pourquoi l’Union a-t-elle aussi manifestement violé les articles 123 et 124 du traité sur le fonctionnement de l’UE ? Mais, pour sauver les banques allemandes, françaises et néerlandaises ainsi que le titre nommé « euro ».

Schäuble sait très bien que si la Grèce décide de quitter l’euro, alors elle ne sera tenue par aucun des engagements pris parmi ceux qui lui ont été imposés par la zone euro et l’UE. Aucune obligation envers la zone euro et l’UE ne sera plus en vigueur. Pour l’Etat membre qui décide de quitter le club fermé sur la base de l’article 50 TFUE, plus aucune obligation contractée au sein de l’euro et de l’UE ne tient.

Ainsi, Schäuble s’intéresse à savoir comment placer la Grèce sous sortie contrôlée, pour assurer la reconnaissance de la dette dont on l’a chargée. Sortie provisoire de l’euro mais dans l’UE, pour que la Grèce ne se serve pas de l’article 50 TFUE.

Et quelle sera la monnaie utilisée par l’économie grecque lors de sa sortie provisoire de l’euro tout en demeurant dans l’UE ? Il s’agira de la drachme de rien du tout, sous le contrôle de Francfort. C’est la seule monnaie dont peut disposer un état qui quitte provisoirement l’euro mais reste dans l’UE. Et, ce, sous régime de frontières ouvertes, des acquis communautaires -qui interdisent le développement de la production domestique-, et sous le poids des obligations de dette énormes qui seront servies en euro « pur et dur ».

C’est cela que les européens appellent Grexit. Dans ce cas, la Grèce sera pleine de soupes populaires pour la majorité de ses habitants affamés. Des souples populaires qui seront payées par des fonds européens.

La question qui vient à l’esprit de toute personne raisonnable est la suivante : Mais, pourquoi tout cela ? Pourquoi la Grèce n’invoquerait-elle pas l’article 50 TFUE pour couper tout lien et obigation avec la zone euro et l’UE et introduire sa propre monnaie selon ses propres termes ? Est-ce possible que pareille solution nette et claire soit pire que ce que Schäuble offre ?

De toute évidence, pareille solution n’arrange pas Schäuble ni les intérêts qu’il représente. Car il sait que, dans ce cas, il ne pourra d’aucun manière – pas même par la guerre- forcer la Grèce de reconnaître les dettes qui lui ont été imposées. Et, encore moins, accepter la liquidation qu’on lui impose. Par conséquent, la question rhétorique qui reste est la suivante : combien traîtres et vendus sont ceux qui discutent les alternatives avec Schäuble, sans même mettre sur la table la solution de la sortie nette de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne ?

*(Dimitris Kazakis est économiste Grec qui depuis plusieurs années analyse les données de l’UE et de ses politiques. Il a créé le mouvement -devenu parti- EPAM qui s’efforce de réunir les Grecs sans tenir compte des orientations idéologiques « gauche » ou « droite ». Il sillonne le pays depuis quatre ans, pour informer les gens sur ce qui se passe et les implications des choix des divers gouvernements.)

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