Comment chercher les informations dans l’usine à gaz / II

…et elles continuent…

LES VREGENS

Vous verrez, ça, c’est un VRAI travail de fourmi. Avec Maria Ts. (et surtout elle), on en a à peine compris assez pour avoir une marche à suivre. Mais il faudrait d’autres fourmis, plein d’autres fourmis pour faire le travail de fond.

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Athènes est devenu un théâtre de l’absurde

par Maria Negreponti-Delivanis*

Le peuple grec suit les faits et gestes de son premier ministre avec confusion et désespoir. Lors du référendum du 5 juillet, Alexis Tsipras avait demandé aux électeurs de répondre par un non tonitruant qui lui servirait d’arme dans les négociations avec l’Union européenne. Non seulement il avait promis l’abolition définitive des mémorandums qui ont précipité la Grèce dans la misère depuis cinq ans, mais il avait également promis une Europe nouvelle, enfin libérée de l’obsession de l’austérité.

Toutefois, le ‘Non’ franc et massif de 62 % du peuple grec qui a osé choisir un gouvernement de gauche et contester la justesse des mémorandums semble avoir rendu fous furieux les dirigeants européens. Et, au lieu de l’allégement des mesures inhumaines et totalement inefficaces imposées par ceux-ci, la « troïka » (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) en a émis un troisième dont les termes sont encore plus durs. Le premier effet de ce monstrueux accord sera l’augmentation de la dette qui, de son montant actuel de 173 % du produit intérieur brut, passera à 201 %. La volte-face spectaculaire de Syriza, aux antipodes de l’ambiance révolutionnaire des « mémorandums déchirés », de la « souveraineté nationale » et du « refus catégorique de l’austérité », a suivi.

Conséquence : une certaine forme de « nettoyage » du gouvernement et du parti, visant à exclure les membres restés fidèles aux principes de Syriza, et qui avaient refusé de se convertir au culte de l’euro. Ensuite, M. Tsipras n’a nullement ressenti le besoin d’expliquer à ses compatriotes cet incompréhensible revirement. Au contraire, il s’est empressé de démissionner et de fixer la date des élections législatives anticipées pour le 20 septembre. Cette fois-ci, Alexis Tsipras exige du peuple grec qu’il annule le non spectaculaire du référendum du 5 juillet pour le remplacer par un grand oui qui légitimera le troisième mémorandum.

Antidémocratique

Il était tout naturel que le comportement antidémocratique du premier ministre grec suscite des rumeurs de coup d’Etat, de trahison et de complots ourdis contre le peuple grec. Une chose, assurément, est certaine : l’ambiance qui prévaut ces derniers mois en Grèce est celle d’un théâtre de l’absurde, où le bon sens n’a plus sa place. Le non au référendum visait sans équivoque les mémorandums et incitait directement à rompre avec les créanciers, s’ils persistaient dans leur politique.

Le premier ministre avait pour mandat d’en tirer les conséquences, y compris en envisageant la sortie de la zone euro. Il aurait dû, entre autres, élaborer un « plan B » crédible de retour à la monnaie nationale. Et, surtout, il n’aurait pas dû lancer après coup des accusations ridicules sur une trahison présumée prétendument commise par ceux (en admettant qu’ils avaient existé) qui avaient pris le soin de préparer un tel plan en assurant la liquidité élémentaire des banques et en imposant, en temps utile, des restrictions, comme l’exportation de capitaux à l’étranger.

Inexcusable

Même en admettant que ces actions ou manquements majeurs pourraient lui être pardonnés en les attribuant à son inexpérience, d’autres sont vraiment inexcusables. Par exemple quand M. Tsipras a proclamé qu’il livrerait « terre et eau » pour rester dans l’euro. Voilà la manière frivole et inébranlable avec laquelle le gouvernement grec considère le retour inévitable à la monnaie nationale.

Des membres du gouvernement, en parfaite harmonie avec le directoire de l’Union européenne et la puissante opposition qui s’est récemment métamorphosée en force progouvernementale, prétendent que « le retour à la drachme serait une catastrophe ». Toutefois, ils se gardent bien d’expliquer les méthodes et les chiffres qui leur ont permis de conclure que l’instauration d’une nouvelle drachme en constituerait une supérieure à celle que provoquent les mémorandums.

Car, il n’est sérieusement plus permis de douter que ceux-ci conduisent la Grèce tout droit vers une disparition nationale, économique et démographique, en contraignant les Grecs à vendre leurs avoirs, en abolissant le secteur public après l’avoir démantelé, en jetant impitoyablement à la rue ceux qui n’arrivent pas à rembourser leur prêt immobilier pour leur résidence principale, en permettant aux employeurs de licencier massivement, en réduisant les salariés et les retraités à la misère, en éliminant toute trace de protection sur le marché du travail et en renonçant à toute forme de souveraineté et de fierté nationale avec pour horizon exclusif le régime colonial de la dette.

L’instauration d’une nouvelle drachme est la seule solution offrant une issue à l’impasse actuelle

Certes, l’instauration d’une nouvelle drachme ne sera pas anodine. Mais c’est la seule solution offrant une issue à l’impasse actuelle. M. Tsipras peut remporter ou perdre \les élections du 20 septembre. Mais, dans les deux cas, le résultat sera le même : le premier gouvernement de gauche en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d’une dictature financière étouffante, dans un pays membre de l’Union européenne, mettant en péril direct et majeur la paix sociale. Et pas seulement celle-ci.

Car ce sacrilège aura, inévitablement, des conséquences particulièrement délétères sur l’ensemble de l’Europe, mais aussi sur le monde entier. A court terme et pour l’instant, le seul vœu, utopique à ce stade, qu’on peut formuler est d’éviter que cet accord criminel soit mis en œuvre. C’est après seulement que les Grecs soutiendront, tous ensemble, le retour à la souveraineté et à l’Europe.

  • Maria Negreponti-Delivanis, économiste, est ancienne rectrice de l’université macédonienne de Thessalonique, ancienne conseillère de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
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DOSSIER TAIPED – ETAD – GSPP – FEK / I

(republié, après une petite correction)

Pour des raisons purement informatique et facebookienne, je suis obligée de passer par ce blog pour faire un dossier GSPP/FEK/ETAD-TAIPED. Désolée pour le dérangement. Celui des lecteurs du blog et celui des membres du goupe FB dédié à la pétition (https://www.facebook.com/groups/722039637925610/).

De ce côté-ci de l’UE, les choses bougent. De nouveaux partis émergent des restes fumants de Syriza, des comités anti-memorandum se forment, il y a des manifs, et on ne risque pas de se tromper en présageant une rentrée torride. Et puis, côté pétition, le renfort inespéré de Maria Ts., à la fois helléno-francophone, chien de chasse et lanceuse d’alerte, et qui m’en a appris de bien belles en quelques conversations et quelques mails, m’a plongée à la fois dans l’usine à gaz des biens publics mis en vente par le TAIPED, mais aussi dans la plus extrême perplexité et l’envie de creuser la question, pour que notre pétition soit extrêmement bien ciblée.

(la suite, ici)

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Zeibekiko

Une danse…d’hommes…entre terre et ciel…

et une des plus belles musiques grecques par Manos Loizos…

C’est tout !

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Grèce : Les 13 mensonges de Tsipras et la réalité du troisième Mémorandum

….Alexis Tsipras a dit :
«Sans la détermination du peuple, les créanciers auraient imposé leur volonté de manière absolue (…) nous avons apporté un accord qui, compte tenu les rapports de force extrêmement négatifs en Europe et compte tenu de ce que nous a légué l’attachement absolu du pays aux termes des mémorandums, était  ce que l’on pouvait obtenir de meilleur».
Si l’honnêteté politique élémentaire faisait partie de ses qualités, il aurait dû dire : «En dépit de la détermination populaire exprimée par le NON grandiose au référendum, les créanciers ont imposé leur volonté de manière absolue, grâce à la transformation du NON en un OUI humiliant par le gouvernement, fondé sur une misérable transaction avec les sangsues mémorandaires de Nouvelle démocratie, Pasok et Potami»…

Pour lire la suite : cliquez ici

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Syriza : le clou dans le cercueil de LA gauche ?

…. Depuis cinq ans et demi, le pays tangue sur une mer houleuse… la Commission tire par-ci, le Fonds monétaire tire par-là, la BCE tire de l’autre côté (et maintenant, on a aussi le Mécanisme européen de stabilité, qui tire de l’ôôotre coté…) C’est à se demander combien de cotés il y a !…

Pour lire le début et la suite : cliquez ici

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La nuit des dupes : Une nuit qui dure depuis cinq ans et demi

Au petit matin du vendredi 14 août, le Parlement grec a adopté le 3èmeMémorandum, autrement dit le «plan de sauvetage», qui impose à la Grèce une série de «réformes» meurtrières en échange d’un nouveau prêt de 85 milliards d’euros. Au total, 222 élus ont voté pour, 64 se sont prononcés contre – dont une trentaine membres de Syriza, y compris l’ex-ministre des Finances Varoufakis –, 11 se sont abstenus (3 députés étaient absents). Le texte a donc été validé à la majorité grâce au soutien des trois grands partis d’opposition, Nouvelle Démocratie (conservateur), le Pasok («socialiste») et To Potami («centre gauche»). Christine Cooreman nous raconte comment elle a vécu ces heures noires.-Tlaxcala

Pour la suite : http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15659

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Gouverner plein d’illusions n’est pas simplement catastrophique : en fin de compte, c’est criminel

(traduction de l’article publié en grec ici. Cet article est une version commentée par Costis Melolidakis, qui est Professeur suppléant au Département des Mathématiques de l’Université d’Athènes. Moi, je n’ai fait que traduire !)

Yannis Kimpouropoulos a rédigé une excellente critique sur les illusions de Tsipras et Varoufakis. Il a lui-même choisi un extrait de son article comme préface:

Les positions de nos partenaires ne se sont jamais, pas une seule seconde, éloignées du Discours Rationnel. Elles étaient toujours aussi prévisibles que logiques. Mais, surtout, elles étaient européennes. Car, c’était et c’est la logique des mécanismes européens, c’est la logique de l’Union européenne, comme la gauche grecque le proclamait depuis les années 1960. Une logique de classe, clairement une logique de mécanismes qui visent à arracher la richesse des faibles et à la transférer aux puissants. Même maintenant où, dorénavant tout le monde, y compris les « institutions » elles-mêmes, voit bien que le troisième mémorandum n’atteindra aucun des ses objectifs, pourquoi donc l’UE insiste-t-elle ? Serait-elle prise de déraison ? Non, tout simplement parce qu’il existe des filets et des bijoux de famille sur lesquels ils n’ont pas encore mis le grappin. Il s’agit d’une logique transparente que seules les illusions que vous portez en vous peuvent vous empêcher de voir. C’est ça, la vraie Europe. L’Europe de MM. Varoufakis et Tsipras existe dans la sphère du fantasme onirique. Gouverner avec des illusions n’est pas simplement catastrophique. En fin de compte, c’est criminel.

Je cite l’intégralité de l’article, enrichi de notes, de parties soulignées et de liens :

Cet article a vu le jour à la suite d’une avalanche d’articles, d’interviews et d’oracles, souvent contradictoires, que M. Varoufakis lance par rafales (la métaphore ne vient pas de nous). Ici, nous voulons voir les idées centrales qui sont mises en avant par le -ne l’oublions pas- négociatur principal du Gouvernement grec, en dépit du fait qu’il ait démissionné au dernier moment.M. Varoufakis continue de naviguer dans les océans de l’idéalisme (j’utilise le terme dans le sens strictement philosophique et non dans son acception courante). Selon ce qu’il a dit dans son interview d’hier à CNN : «la vérité est que la troïka puissante des créanciers ne s’intéressait pas à trouver une solution raisonnable, honnête, mutuellement acceptable», [1] c’est-à-dire, encore maintenant, il estime que le Gouvernement grec devait « négocier » sur la base es idées de la « raison » et de « l’honnêteté » ou, comme il l’avait dit de manière très élégante, selon le « Discours raisonné » de Kant. Pour aboutir au …«Qu’est-ce que l’Europe s’est-elle faite à elle-même ? », sous-entendant que l’accord avec la Grèce est catastrophique pour l’ Europe, une Europe fantasmée qui, comme nous le verrons, n’existe que dans l’esprit des européistes de la  «gauche tout terrain», comme ils ont été, de manière très opportune, qualifiés récemment.Mais, prenons les choses dans l’ordre. Il y exactement deux ans, dans un article intitulé «Dans quelle mesure les positions de l’équipe dirigeante de SYRIZA concernant la renégociation du mémorandum, tiennent-elles ?» [2], j’avais traité de l’essence des idées de négociation de l’équipe dirigeante de SYRIZA pour montrer que « la négociation selon Alexis Tsipras n’est pas fondée, du point de vue de la théorie stratégique, et, par conséquent, n’aura pas lieu ». En effet, j’avais traité des deux points de départ-termes contradictoires de la «négociation» selon SΥΡΙΖΑ, d’une part, l’abolition des mémorandums et, d’autre part, le maintien dans la zone euro, quelles que soient les conditions.J’avais commencé par aborder la question à laquelle Tsipras avait été appelé de répondre dès son discours prononcé à l’occasion de l’inauguration de la Foire internationale de Thessalonique, en 2012 : Si l’Union européenne rejette les demandes grecques, la Grèce quittera-t-elle la zone euro ? Il avait répondu à l’époque (2012) qu’il était exclu que l’UE rejette les demandes grecques parce que la Grèce tient entre ses mains le … sort de la zone euro. Mais, huit mois plus tard, l’UE n’a pas cédé à Chypre et il était dorénavant clair que la ligne de SΥΡΙΖΑ présentait de sérieuses lacunes. Le seul qui, jusqu’à la fin, insistait que Chypre ne devait pas céder, parce que l’UE bluffait (!) était M. Varoufakis. Au contraire, dans une interview au journal « Elftherotypia du dimanche, accordée en juillet 2013, Tsipras a mis en avant la nouvelle illusion qui nous tourmente ces dernières années. À savoir que l’arrivée de SΥRΙΖΑ modifiera radicalement le paysage de l’Europe de sorte qu’il résultera une nouvelle structure et un nouveau fonctionnement des organes de l’UE pour donner suite favorable aux revendications de SΥRΙΖΑ.

Notons, ici, entre parenthèse que cette théorie est encore diffusée avec force et, dorénavant, coexiste avec la narration Varoufakienne contraire, selon laquelle l’Eurogroupe est à 99% l’instrument de Schäuble avec quelques bribes d’indépendance des Français. Mais, c’est là la caractéristique des illusions : elles s’intègrent dans des systèmes présentant des contradictions formelles, sans pour autant perdre leur capacité d’être diffusées par les médias et les autres mécanismes idéologiques de l’état.

Mais, revenons à 2013. Tsipras avait insinué à l’époque que, s’il se voyait contraint par l’Europe, il répondrait par des actions unilatérales, sous-entendant la cessation de paiements. J’avais démontré à l’époque que la menace (au sens stratégique du terme) brandie par Tsipras à l’égard des partenaires ne serait pas crédible tant que la Grèce n’avait pas pour alternative la sortie de la zone euro. La leçon à tirer du cas de Chypre était qu’il fallait disposer d’une riposte si la Banque centrale européenne (BCE) interrompait la liquidité des banques grecques. L’unique réponse possible dans un cas pareil, serait la sortie de la zone euro, mais Tsipras rejetait cette éventualité a priori et avec emphase, dans tous les cas. Par conséquent, les menaces des actions unilatérales était une menace creuse et, pareilles menaces, sont des cartes non utilisables dans les négociations.

Ainsi, sommes-nous arrivés à janvier 2015 et au moment où SYRIZA assume la gouvernance. SYRIZA qui, dorénavant, devait « négocier » pour du vrai bien qu’ayant déjà «brûlé» les cartes, les éventuels avantages dont il pouvait disposer dans la sphère de la réalité.
Qu’est-ce que SYRIZA a donc choisi de faire, face à la contradiction ? Une fois n’est pas coutume, il a fuit vers le pays du Fantasme onirique. À présent, l’on mobilise le «Discours raisonné» et Kant. À la question de savoir « Comment les pressions seront-elles levées?» qui lui fut posée le 6 février de cette année, M. Varoufakis se suffit de répondre «par le biais du discours raisonné que l’Europe a créé» [3]. Ainsi, l’UE cèderait aux revendications de la Grèce, parce que  ces revendications étaient… «justes»«raisonnables», etc.(!) et qu’il n’était pas concevable que l’Europe de la raison n’en tienne pas compte. Ainsi, selon la narration de SYRIZA, en fin de compte, l’accord était certain et inévitable, même au prix de concessions. Et nous nous souvenons tous que, cet accord était attendu, durant des mois  «d’un jour à l’autre».

Légende : Saint Jean l’Évangéliste

L’absurdité de cette prétendue négociation ressort encore plus si l’on se souvient du fait que, le 16 février, M. Varoufakis est revenu avec des exigences : «L’Europe doit s’adapter au fait que la Grèce conteste un programme qui a échoué ». D’accord, mais si elle ne « s’adapte » pas, qu’est-ce que M. Varoufakis propose ? Mais, il propose les principes de la démocratie, répond-il, «la Démocratie veut qu’il y ait une combinaison de points de vue qui s’opposent. Nous ne pouvons pas dire que c’est la fin. L’histoire de l’UE a prouvé que les ultimatums ne sont pas une solution» [4].

L’idéalisme illusoire dans toute sa gloire« les principes de la démocratie imposent…» ! Mais la fuite de la réalité atteint le paroxysme, par la suite. Car, immédiatement après, M. Varoufakis, qui est également considéré comme un connaisseur de la théorie des jeux, a ajouté : «Nous ne bluffons pas, nous disons que nous voulons un accord honnête et des points de contact. C’est là notre seul choix. C’est notre plan Α. Nous n’avons pas de plan B».

Légende : « La théorie des jeux ne fonctionne que si les joueurs sont rationnels. Je ne suis pas certain que ce soit le cas en Europe…. »

C’est incroyable de voir où peuvent mener les illusions.

J’avais écrit à l’époque : «Le fait que [le gouvernement grec] souligne à tous les coups sa volonté de signer et l’absence de tout autre plan, constitue-t-il, à votre avis, une tactique de négociation ? Ou bien cela rappelle ce prédécesseur inoubliable – et à présent, appelé à comparaître en justice- de M. Varoufakis, M. Papaconstantinou qui, lorsqu’il « négociait » le premier mémorandum proclamait haut et fort que la Grèce ne disposait pas d’autre issue que le mémorandum, rapprochant le cas du pays de celui du «Titanique» ? » [5].

Et, nous en arrivons à la signature de l’Accord, où le gouvernement grec accepte la théorie thatchérienne de ΤΙΝΑ (There Is No AlternativeIl n’y a pas d’alternative) et M. Varoufakis  vote contre considérant (à juste titre) que cet accord pérennise et aggrave le problème. Mais, alors ? S’il n’y a pas d’alternative et si l’accord disponible mène à bien pire, nous faudrait-il, en tant que Nation, aller nous suicider en masse ?

Même M. Varouakis doit s’être aperçu de cette contradiction dans les termes, ainsi, il s’est empressé d’affirmer que, bien sûr qu’il y avait un plan B dans les mains de M. Tsipras, ce dernier ne l’ayant évidemment pas accepté. Il semblerait que le commentaire de Krugman l’a dérangé. En effet, celui-ci a dit qu’il ne s’attendait pas à pareille incompétence de la part du gouvernement grec. Mais, ce Plan Β on ne nous en n’a pas parlé, tout comme on n’a pas rendue publique la prétendue étude selon laquelle Tsipras a préféré signé plutôt que de passer au plan B. Mais, il ressort de bribes entendues ci et là que le Plan B Varoufakienen admettant qu’il ait jamais existén’était pas considéré comme une alternative sérieuse, mais simplement comme une technique servant à prolonger ultérieurement la (prétendue) négociation, c’est-à-dire, le processus ridicule qui a fini par nous mettre à genou. Il s’agissait essentiellement de l’introduction d’une double monnaie par le biais de reconnaissances de dette (IOU) qui, une fois de plus, aurait lieu tout en proclamant que d’aucune manière et pour aucune raison il n’y aurait sortie de la zone euro, c’est-à-dire, encore la même chose, pour que M. Varoufakis poursuive ses allers et retours à l’Eurogroupe.

Et, ici, M. Varoufakis tombe dans une contradiction supplémentaire. En même temps qu’il s’efforce de répondre aux critiques de Krugman, en disant qu’ils disposaient soi-disant d’un Plan B (ce qui, de toute manière, était en contradiction avec ce qu’il affirmait passionnément dans le passé, comme nous venons de le voir), il poursuit : « Le premier ministre était confronté à un choix incroyablement difficile : se suicider ou être exécuté » [1]. Mais, cela est une contradiction par rapport à l’existence d’un Plan B, le Plan B étant par définition un plan qui vous permet de survivre si votre plan initial échoue.

Il est évident qu’il existe des motivations personnelles derrière les rafales d’articles, discours, fuites, interviews, etc., lancées par M. Varoufakis ces derniers jours. Mais, elles ne nous intéressent pas.

·         Note d’omadeon : Et pourtant, ces motivations intéressent beaucoup de gens. Voir, par exemple, l’article « Quel chèque Varoufakis a-t-il encaissé, avec son OUI d’hier? ».

Ce qui nous intéresse, c’est la qualité du discours idéologique énoncé, la critique politique et théorique de ses arguments et, ce, surtout, dans la masure où ils ont également constitué des arguments de l’establishment de SYRIZA.

Légende : le logo de SYRIZA, version Nouvelle démocratie, par Jodi Graphics.

Tout d’abord, nous sommes intéressés par l’invocation, dans l’exercice de la politique de la « raison » et des « valeurs humaines universelles » en tant qu’arguments idéologiques. L’on pourrait entendre tout cela, peut-être, avec un certain intérêt, au début et dans la première moitié du 18e siècle, lorsque la classe bourgeoise préparait son assaut contre le féodalisme, invoquant, elle aussi, le « raison » et les «valeurs humaines universelles» en tant qu’arguments idéologiques. Mais, depuis cette époque-là, bien d’eau a coulé sous les ponts. Et lorsque ces arguments sont utilisés pour couvrir le manque d’armes, d’un prétendu gouvernement de gauche, alors, l’on se demande raisonnablement que peut-il bien se passer d’autre.

Deuxièmement, nous sommes intéressés non seulement par l’inexistence de plans alternatifs (grave incompétence, selon Krugman) mais aussi par l’affirmation a priori de notre désarmement volontaire, par le renoncement public à toute autre alternative, à l’exception du plan initial consistant à invoquer les principes de la démocratie et du droitIl n’y a qu’en Grèce que l’on puisse vendre le mensonge évident que cette « négociation » à la G. Papaconstantinou est effectivement une négociation. Sans mentionner le fait qu’il est extravagant de considérer qu’une personne connaissant le « b-a-ba » de la Théorie des jeux puisse tomber dans pareille incroyable bêtise.

Lorsque l’on traite des six derniers mois, mais aussi des cinq dernières années, il faut faire la distinction entre les cas Tsipras et Varoufakis. M. Tsipras joue sur les fantasmes d’une société qui a appris à penser en termes d’illusions par le biais de «Grandes Idées». La classe dirigeante a embrassé avec passion, de nos jours, la grande Idée de l’euro, les couches moyennes et petite-bourgeoises, quant à elles, ont embrassé la Grande Idée de l’européisme, certaines couches populaires ont embrassé la Grande idée du «Pouvoir populaire ou rien», d’autres couches marginalisées ont adopté la Grande Idée de l’éloignement des migrants  qui nous prennent le pain de la bouche.

M. Tsipras, en vrai populiste, énonce un discours qui rejoint ces illusions de la masse en s’efforçant, comme ce fut prouvé, d’intégrer la protestation populaire dans le système du capitalisme grec dépendant. Son cas est différent de celui de M. Varoufakis. Celui-ci s’efforce de composer une narration concernant la politique de SYRIZA, de construire une théorie qui idéologisera toutes ces choses incroyables qui nous avons vu se dérouler depuis sept mois. Pour ma part, je suis profondément marqué par la fragilité du discours du M. Varoufakis. Ce discours n’est pas seulement impensable pour un homme politique. Il l’est surtout pour un universitaire et, qui plus, un universitaire qui est aussi considéré comme un connaisseur de la théorie de la stratégie. Quand il utilise le terme de « négociation » parlant d’un processus qui, du point de vie politique et théorique, n’a rien à voir avec la négociation, et quand, afin de dissimuler le vide de son discours, il glisse  dans l’invocation des idées de l’ «européisme », de la «raison» et de l’«honnêteté », alors, nous devons tous nous rendre à l’évidence : M. Varoufakis n’était pas simplement le mauvais homme au mauvais endroit. M. Varoufakis était le symptôme théorique d’un phénomène de crise beaucoup plus profond qui a amené un parti du « on verra bien ce qu’on fera » à exprimer la protestation sociale.

Les positions de nos partenaires ne se sont jamais, pas une seule seconde, éloignées du Discours Rationnel. Elles étaient toujours aussi prévisibles que parfaitement logiques. Mais, surtout, elles étaient européennes. Car, c’était et c’est la logique des mécanismes européens, c’est la logique de l’Union européenne, comme la gauche grecque le proclamait depuis les années 1960. Une logique de classe, clairement une logique de mécanismes qui visent à arracher la richesse des faibles et à la transférer aux puissants. Même maintenant où, dorénavant tout le monde, y compris les « institutions » elles-mêmes, voit bien que le troisième mémorandum n’atteindra aucun des ses objectifs, pourquoi donc l’UE insiste-t-elle ? Serait-elle prise de déraison ? Non, pour la simple et bonne raison qu’il existe des filets et des bijoux de famille sur lesquels ils n’ont pas encore mis le grappin. Il s’agit d’une logique transparente que seules les illusions que vous portez en vous peuvent vous empêcher de voir.

C’est ça, la vraie Europe. L’Europe de MM. Varoufakis et Tsipras existe dans la sphère du fantasme onirique. Gouverner avec des illusions n’est pas simplement catastrophique. En fin de compte, c’est criminel.

 

[1] http://tvxs.gr/news/ellada/baroyfakis-sto-cnn-eixame-plan-b-me-entoli-toy-prothypoyrgoy
[2] «Πόσο ευσταθούν οι θέσεις της ηγετικής ομάδας του ΣΥΡΙΖΑ για επαναδιαπραγμάτευση του μνημονίου, όταν αναλάβει την κυβέρνηση;» http://www.aristerovima.com/details.php?id=4335
[3] http://www.euro2day.gr/news/economy/article/1301476/varoyfakhs-synehizomenh-yfesh-to-mnhmonio.html
[4] http://news.in.gr/economy/article/?aid=1231386193
[5] «Μπότες, Σπιρούνια και Καυτές Διαπραγματεύσεις», http://www.aristerovima.com/details.php?id=4780.

 

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Quel chèque Varoufakis a-t-il encaissé, avec son OUI d’hier ?

Par Dimitris Kazakis

Par sa communication d’hier, M. Varoufakis nous a annoncé que lors du vote pour l’adoption du nouveau Code de procédure civile et de la directive de l’Union européenne concernant le « haircut » des dépôts (BRRD) il votera OUI. La raison ? Elle est évidente : ces propositions étaient incluses dans celles qu’il avait lui-même soumises.

Voilà ce qu’il dit dans sa communication : « Je savais déjà que les amendements au Code de procédure civile regorgeaient de dangers concernant les droits humains des parties les plus faibles en cas de faillite d’entreprises ou de ménages. Par ailleurs, la meilleure des choses que l’on pourrait dire concernant la directive sur « l’assainissement » des banques était que, au fond, il s’agissait d’un grand coup d’épée dans l’eau (puisqu’elle garantissait au niveau juridique les dépôts garantis sans pour autant garantir le financement du fonds qui devait les… garantir). Toutefois, j’ai estimé que s’il s’agissait, dans le cadre d’un accord honnête, de préserver nos lignes rouges importantes (par exemple, des excédents primaires ne dépassant pas 1% ou, tout au plus, 1,5%, les pensions, les droits sociaux, une TVA faible), le Code de procédure civile et la directive BRRD ne représentaient pas de concessions majeures. C’est pourquoi j’avais inclus ces deux préalables dans notre liste. »

Balivernes. Balivernes à la énième puissance tendant à l’infini. Et encore plus loin, comme disait Buzz l’Éclair dont ce grand économiste a appris tout ce qu’il sait.

Le nouveau Code de procédure civile abolit 2 siècles de culture juridique et, en fait, transforme les tribunaux de moyen d’attribution de justice en moyen d’oppression du citoyen. Ils l’ont toujours été, mais, dorénavant, ce rôle est officiellement instauré. Avec ce nouveau Code, le citoyen perd toute protection. À moins d’être banquier, investisseur étranger ou à moins de disposer de plein de fric et des connexions adéquates avec le pouvoir.

Le nouveau Code de procédure civile a été introduit dans le seul but de piller le petit et moyen patrimoine du citoyen Grec qui doit aux banques, au fisc, aux caisses de sécurité sociale, sans pouvoir se défendre, ne fut-ce que par la prorogation du délai de vente aux enchères. L’on prévoit des procès « muets », c’est-à-dire, sans témoins, des procédures express aux dépens des débiteurs, voire, des ventes aux enchères électroniques pour permettre le rapt du bien immobilier dans quelques mois à peine.

Ce Code de procédure civile a été proposé par des conseillers juridiques de banquiers et d’investisseurs dans l’immobilier. Il s’agit du cadre juridique dont avaient besoin les vautours pour la « fête » contre la petite et moyenne propriété, en Grèce. En l’imposant, le patrimoine d’environ 70% des citoyens Grecs changeront de mains et seront concentrés dans des « organismes d’exploitation », comme les sociétés de M. Buffet et de M. Soros. « Amis » bien connus de M. Varoufakis.

Par conséquent, M. Varoufaks a voté OUI à la fête que feront les vautours sur la propriété de la majorité écrasante des citoyens Grecs. Il fit de même concernant la directive BRRD qui, pour la première fois, autorise la fermeture des banques, le « haircut » à volonté des dépôts, des participations, au bénéfice des investisseurs étrangers et des titres que les banques ont vendus à leurs clients. Encore une fête pour les spéculateurs et les vautours aux dépens des épargnants et des deniers publics, à laquelle M. Varoufakis ne peut que dire OUI.

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Lettre de Zoé Konstantopoulou : Le Parlement vote sous le chantage et la menace

La lettre de la Présidente du Parlement grec au Président de la République et au Premier ministre :

 

À M. le Président de la République, M. Prokopis Pavlopoulos

À M. le Premier ministre, M. Alexis Tsipras

Du fait de mes devoirs institutionnels, je vous signale que les conditions dans lesquelles est introduit au débat le projet de loi « Mesures urgentes de mise en œuvre de la L. 4334/2015», composé du texte déposé dans la nuit du 20 au 21 juillet 2014, comportant 977 pages, incluant tous les textes que les parlementaires doivent étudier et prendre en considération afin de former un avis et de voter selon la procédure d’urgence dans la journée en cours, et qui contient :

  1. en 1 article (article premier) les008 articles du Code de procédure civile et ceux de la loi d’introduction du Code de procédure civile, et
  2. en un article (article 2) les 130 articles relatifs à la transposition au droit grec d’une directive de l’UE (NdT : directive sur les banques et le bail-in, entre autres)

ne garantissent pas que la Constitution soit respectée, que le fonctionnement démocratique soit protégé, que le pouvoir législatif du Parlement soit exercé ni que les parlementaires votent selon leur conscience.

Sous un régime de chantage plus qu’évident, provenant de gouvernements étrangers- membres de l’UE, et dirigé contre le Gouvernement grec et les parlementaires, il est introduit et, qui plus est, «sans la possibilité d’introduire le moindre amendement», un texte législatif qui entreprend une intervention majeure sur le fonctionnement de la Justice et sur l’exercice des droits des citoyens, de manière qui abolit tant le fonctionnement de la République grecque en tant qu’état social de droit, où la séparation des pouvoirs peut fonctionner, que la préservation du principe du procès équitable.

Des Ministres qui ne sont pas d’accord avec son contenu sont contraints d’introduire ce texte au Parlement, alors qu’ils s’y opposent directement, tandis que des parlementaires, qui s’opposent également à son contenu, sont contraints de voter pour.

Le tout sous menace directe de faillite désordonnée.

Il s’agit d’un acte législatif qui provient de la dernière période parlementaire, déposé par l’ancien ministre de la Justice, M. Ch. Athanasiou, concernant lequel, en décembre 2014, les avocats de l’intégralité du pays avaient été invités à se prononcer dans le cadre d’un référendum organisé sous l’égide de l’Assemblée générale des présidents des barreaux du Pays, et dont le résultat était le rejet du projet de loi, avec une majorité de plus de 93% des avocats qui ont voté contre.

En outre, contre le projet de loi ce sont exprimés également les représentants de la Justice, les assemblées administratives des Tribunaux et, dans l’ensemble, les acteurs sociaux intéressés. Les deux partis au gouvernement s’étaient engagés avant les élections nationales de ne pas introduire ledit acte législatif et aucun des deux n’a changé d’avis ni de position quant au fond du texte.

Le fait que ce texte législatif ait été choisi par des gouvernements étrangers, participant au Sommet européen, comme « pré-requis » c’est-à-dire, comme condition pour entamer des négociations en vue d’une solution (NdT: solution au « problème grec »), montre la taille du dédain dont font preuve lesdits gouvernements étrangers envers les principes du fonctionnement du parlement, de la souveraineté populaire et, enfin, de la démocratie.

La responsabilité institutionnelle de tous est énorme. En assumant ma responsabilité en tant que Présidente du Parlement, je vous demande d’informer vos homologues à propos de ma lettre présente que je notifierai par la suite à mes homologues de toute l’Europe, à la suite de mes interventions antérieures, de mes propositions et de ma lettre récente au Président du Parlement européen, M. Martin Schultz, qui a été notifiée aux membres du Parlement européen.

Cette attaque violente contre la Démocratie ne peut pas être commise dans le contexte de l’Union européenne. Et elle ne peut certainement pas être commise dans le silence.

Athènes, le 22 juillet 2015

Avec honneur,

La Présidente du Parlement grec

Zoé Ν. Konstantopoulou

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