Ce qui se prépare derrière les portes closes de l’Eurogroupe !

Par Dimitris Kazakis*

Le cadre des négociations avec la Grèce a été déterminé par le document de Shäuble, qui a été déposé le 10 juillet. Un jour après que la Grèce ait soumis sa proposition. La proposition de Schäuble a été déposée au moment où, au Parlement grec, se déroulait le coup d’état inédit aux dépens du peuple grec.

 

Que prévoit la contre-proposition Schäuble ?

« Dans ces propositions, il manque des réformes centrales et importantes pour moderniser le pays et pour assurer la croissance économique et le développement durable à plus long terme. Ainsi, la réforme du marché du travail, la réforme du secteur public, le secteur bancaire, les réformes structurelles sont insuffisntes.

C’est pourquoi, les conditions pour un programme d’aide totalement nouveau, tel que la Grèce a demandé, sur trois ans via le Mécanisme européen de Stabilité ne sont pas remplies. Il nous faut une solution meilleure, une solution durable, à laquelle participerait le FMI. À présent, il existe deux voies :

1) Les autorités grecques améliorent drastiquement et significativement leur proposition, avec le plein soutien de leur Parlement. Ces améliorations doivent restaurer la confiance, assurer d’avance la viabilité de la dette et la réalisation réussie du plan, de manière à assurer l’accès aux marchés financiers, une fois le plan achevé. Les améliorations incluent :

a) le transfert des éléments les plus précieux du patrimoine grec (50 milliards d’euros) vers un fonds étranger, telle que la Fondation pour le développement, à Luxembourg, afin de les privatiser au fil du temps et à réduire la dette. b) renforcer les compétences et « dépolitiser » les tâches des administrations grecques, sous l’hégide de la COM, en vue de la bonne mise en œuvre du plan. C) Coupes automatiques des dépenses si les objectifs en matière de déficit ne sont pas atteints.

En même temps, une série d’instruments financiers seront réunis afin de faire le pont entre le présent et le moment où pourra avoir lieu le premier décaissement dans le cadre du plan renforcé. Cela signifie que le risque de non-conclusion d’un nouveau plan par le MES doit être assumer par la Grèce et non pas par les pays de la zone euro.

2) Si la viabilité de lette et la perspective crédible de mise en œuvre du plan ne peuvent pas être assurées, il faudra proposer à la Grèce des négociations rapides concernant une sortie provisoire de la zone euro assortie d’une possible restructuration de la dette, le cas échéant, au Club de Paris – avec un horizon possible de 5 ans.C’est la seule solution susceptible de permettre une restructuration suffisante de la dette qui ne serait pas conforme avec la participation à une union monétaire (Art. 125 du traité sur le fonctionnement de l’UE – TFUE).

La solution de la sortie provisoire devra être accompagnée d’un soutien à la Grèce en tant que membre de l’UE et du peuple grec, avec un soutien humainitaire et technique renforçant la croissance, pour les années à venir. La solution de la sortie provisoire devra également être accompagnée de la rationalisation de tous les piliers de l’Union économique et monétaire et de mesures précises visant à renforcer la gouvernance de la zone euro. »

(L’original se trouve ici).

 

Les deux alternatives de Schäuble.

1) La Grèce livre ses bijoux de famille (d’une valeur de 50 milliards d’euros) à un fond étranger, tel que l’Institut pour le développement, dont le siège se trouve à Luxembourg. Qu’est-ce qui est inclus dans ces « bijoux de famille » ? Presque tout ! Tout le patrimoine public qui est passé entre les mains du TAIPED, ainsi que les hôpitaux, les écoles, l’énegie, l’ensemble des infrastructures, etc.

Qu’est-ce que cet Institut pour le Développement dont le siège se trouve à Luxembourg ? Il est certain que la majorité des Grecs ne le connaissent pas. Il s’agit d’une société dénommée IfG créée par le gouvernement grec et la banque allemande KFW, en février 2013, dans le prétendu but de soutenir l’économie grecque et, surtout, les PME. La création a été approuvée par le ministre de l’époque, K. Hatzidakis, du gouvernement Samaras. En juillet de la même année, Schäuble s’est rendu en Grèce et a signé un « mémorandum d’entente » entre la Grèce et l’Allemagne, concernant l’opération conjointe de la société en question.

Pourquoi le siège au Luxembourg ? Pour que la société soit hors de la compétence des autorités judiciaires grecques et pour que la société puisse adopter la forme d’une « fondation » de gestion de portefeuille sous le régime de protection des sociétés off-shore. Jusqu’à ce jour, cette société n’a mis en peuvre aucun programme de financement de petites et moyennes entreprises. En revanche, sur le marché, on entend dire qu’il s’agit d’une vitrine par le biais de laquelle les Allemands rachètent le personnel politique de la Grèce.

C’est à cette société, IFG, c’est-à-dire, SA société, que Schäuble propose de faire passer la propriété des bijoux de famille de la Grèce, de manière à ce qu’elle soit vendue ou privatisée, afin de réduire la dette. L’usure étatitque à son comble.

Bien entendu, il exige la « dépolitisation » du contrôle de l’administration de l’état, ce qui implique que la totalité de la politique économique et budgétaire passe entre les mains de mécanismes non politiques (telles que la commission budgétaire) qui ne rendent compte à aucune institution politique du pays, c’est-à-dire, ni au gouvernement, ni au Parlement. Ni, bien entendu, à la Justice, puisque, comme tous les contrôleurs étrangers arrivés avec la troïka, ils disposeront de l’immunité.

Et, bien entendu, la proposition de Varoufakis ne pouvait manquer. En fait, il s’agit d’une ancienne proposition de Schäuble : imposer un système de coupe horizontale automatique des dépenses, si les objectifs budgétaires ne sont pas atteints. Une sorte de guillottine qui sera manipulée par les mécanismes de contrôle « dépolitisés ».

La sortie provisoire de l’euro.

La 2e alternative proposée par Schäuble consiste dans la sortie provisoire de l’euro. Pour au moins 5 ans. Une sortie provisoire de l’euro mais de l’UE. Pourquoi ? Pour que l’Allemagne, mais aussi les européens, puissent encore avoir le contrôle du pays, même hors-euro.

Shäuble propose que la Grèce soit mise hors euro et négocie la restructuration de sa dette avec le Club de Paris. Cela soulève une énorme question : si la Grèce est mise hors euro, quelle sera la partie de la dette qu’elle négociera ? Le Club en question gère les dettes entre états. Sur le total de la dette publique de a Grèce, seulement 52 milliards d’euros relèvent de ce type de dette. C’est-à-dire, de l’argent que la Grèce a emprinté dans le cadre du premier mémorandum directement auprès des états membres de la zone euro. Même selon le raisonnement de Schäuble, le Club n’est autorisé de discuter avec la Grèce à propos de rien d’autre.

Schäuble invoque l’article 125 du traité sur le fonctionnement de l’UE qui dispose que « l’Union ne répond pas des engagements des administrations centrales… ». Bon, alors pourquoi le Fonds grec de stabilité financière (ΕΤΧΣ) et le MSE ? Pourquoi l’Union a assumé l’obligation de « faciliter la Grèce par le biais de prêts » alors qu’elle devait la laisser gérer seule la question de ses obligations ? Même si elle faisait faillite. Pourquoi l’Union a-t-elle aussi manifestement violé les articles 123 et 124 du traité sur le fonctionnement de l’UE ? Mais, pour sauver les banques allemandes, françaises et néerlandaises ainsi que le titre nommé « euro ».

Schäuble sait très bien que si la Grèce décide de quitter l’euro, alors elle ne sera tenue par aucun des engagements pris parmi ceux qui lui ont été imposés par la zone euro et l’UE. Aucune obligation envers la zone euro et l’UE ne sera plus en vigueur. Pour l’Etat membre qui décide de quitter le club fermé sur la base de l’article 50 TFUE, plus aucune obligation contractée au sein de l’euro et de l’UE ne tient.

Ainsi, Schäuble s’intéresse à savoir comment placer la Grèce sous sortie contrôlée, pour assurer la reconnaissance de la dette dont on l’a chargée. Sortie provisoire de l’euro mais dans l’UE, pour que la Grèce ne se serve pas de l’article 50 TFUE.

Et quelle sera la monnaie utilisée par l’économie grecque lors de sa sortie provisoire de l’euro tout en demeurant dans l’UE ? Il s’agira de la drachme de rien du tout, sous le contrôle de Francfort. C’est la seule monnaie dont peut disposer un état qui quitte provisoirement l’euro mais reste dans l’UE. Et, ce, sous régime de frontières ouvertes, des acquis communautaires -qui interdisent le développement de la production domestique-, et sous le poids des obligations de dette énormes qui seront servies en euro « pur et dur ».

C’est cela que les européens appellent Grexit. Dans ce cas, la Grèce sera pleine de soupes populaires pour la majorité de ses habitants affamés. Des souples populaires qui seront payées par des fonds européens.

La question qui vient à l’esprit de toute personne raisonnable est la suivante : Mais, pourquoi tout cela ? Pourquoi la Grèce n’invoquerait-elle pas l’article 50 TFUE pour couper tout lien et obigation avec la zone euro et l’UE et introduire sa propre monnaie selon ses propres termes ? Est-ce possible que pareille solution nette et claire soit pire que ce que Schäuble offre ?

De toute évidence, pareille solution n’arrange pas Schäuble ni les intérêts qu’il représente. Car il sait que, dans ce cas, il ne pourra d’aucun manière – pas même par la guerre- forcer la Grèce de reconnaître les dettes qui lui ont été imposées. Et, encore moins, accepter la liquidation qu’on lui impose. Par conséquent, la question rhétorique qui reste est la suivante : combien traîtres et vendus sont ceux qui discutent les alternatives avec Schäuble, sans même mettre sur la table la solution de la sortie nette de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne ?

*(Dimitris Kazakis est économiste Grec qui depuis plusieurs années analyse les données de l’UE et de ses politiques. Il a créé le mouvement -devenu parti- EPAM qui s’efforce de réunir les Grecs sans tenir compte des orientations idéologiques « gauche » ou « droite ». Il sillonne le pays depuis quatre ans, pour informer les gens sur ce qui se passe et les implications des choix des divers gouvernements.)

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